20 novembre 2008
Obansajo a dansé avec le diable...
Guerre à l'Est: Kinshasa refuse d’ouvrir les yeux!
Emissaire spécial des Nations Unies, Olusegun Obasanjo, a fait le week-end
dernier une sorte de « tour de table » avec les présidents
Eduardo Dos Santos d’Angola (Luanda), Joseph Kabila de la RDC (Kinshasa),
Paul Kagame du Rwanda (Kigali) et surtout le général dissident Laurent
Nkundabatware. Au terme de ses entretiens avec le patron du CNDP (Conseil National
pour la Défense du Peuple), l’ancien président du Nigeria a
laissé entendre qu’il a bien « compris ce que veut Nkunda ».
Et, comme dopé par les marques d’attention que lui porte, depuis un
certain temps, la communauté internationale, celui qui passe pour un criminel
aux yeux des officiels de Kinshasa, ne fait que monter les enchères.Dans
le lot de ses dernières revendications, il exige des « garanties
internationales » pour l’intégration de ses troupes dans l’armée
nationale. Il se déclare lui aussi prêt à réintégrer
les FARDC. Qu’entend Nkunda par « garanties internationales »
? Certains observateurs sont tentés de penser à un statut spécial
qui permettrait à ce seigneur de guerre de rester « intouchable »,
comme le furent, sous la Transition négociée à Sun City,
les chefs et membres d’ex-mouvements rebelles ayant mis le pays à
feu et à sang entre août 1998 et juin 2003.
Si tel est le cas, le pouvoir actuellement en place à Kinshasa devrait
cesser de rêver. Il est grand temps pour lui d’ouvrir les yeux pour
bien lire les signaux qu’émettent les Nations Unies, l’Union
Européenne et l’ Union Africaine, foncièrement opposées
à un schéma autre que celui du dialogue direct avec Nkunda. Lorsqu’un
représentant d’une institution aussi sérieuse que l’ONU
accepte de passer en revue les troupes d’une rébellion, cela signifie
que la légitimité des gouvernants sortis des urnes est banalisée.
Ce constat est renforcé par l’attitude de la Monuc, qui ne cesse
d’appeler les « parties » au cessez-le-feu, plaçant
ainsi au même pied d’égalité le gouvernement de Kinshasa
et le CNDP. Que les officiels congolais l’acceptent ou non, ils sont pris
au piège de la « Facilitation Internationale », qui considère
Nkunda comme un interlocuteur à placer face à Kinshasa autour
d’une table de négociation. Le décor d’un agenda caché
déjà planté L’ambassadeur d’Angola en RDC s’est
empressé de corriger, au milieu de la semaine dernière, ce qui
a été présenté comme la volonté de son pays
d’intervenir militairement en RDC, aux fins d’aider le gouvernement
congolais à se débarrasser de la rébellion conduite par
Laurent Nkunda. Selon le diplomate, l’Angola s’en tient à l’option
qui serait levée par les Etats membres de la SADC.
Et, curieusement, Obasanjo a entamé ses consultations sur la crise congolaise
par Luanda, confirmant ainsi les informations selon lesquelles ce pays subirait
de fortes pressions de la communauté internationale pour ne pas s’engager
sur le front de l’Est de la RDC. On se souvient que tout récemment,
l’Union Européenne a prévenu l’opinion africaine du
risque de « régionalisation » du conflit armé en territoire
congolais au cas où l’un des « alliés » de Kinshasa
s’avisait à y envoyer des troupes. En insistant constamment sur
la « solution politique et diplomatique » de la crise congolaise,
la communauté internationale semble avoir planté le décor
d’un Sun City/bis. Il reste à savoir à présent si
le gouvernement congolais a les moyens de ramener le CNDP dans le schéma
du Programme Amani, alors que Nkunda a déjà mis une croix dessus
et que ceux qui devaient le piloter, au nom de la « Facilitation Internationale
», ont l’esprit ailleurs. Au stade actuel de la situation militaire,
on a même l’impression que les insurgés conduits par Nkunda
seraient encouragés à fragiliser davantage le pouvoir en place
à Kinshasa par le biais de nouvelles avancées sur le front.La
conquête du « Grand Nord » semble fort tenter la rébellion,
qui pourrait ainsi contrôler un espace plus grand que l’ex-République
de Mbusa Nyamwisi, à l’époque du RCD/K/ML.
« Mobutistes » et « libérateurs » interpellés…
Le scénario de la guerre de l’Est rappelle, trait pour trait, celui de la trahison des « Mobutistes » contre leur « Guide », feu Mobutu Sese Seko, dès la levée de la rébellion de l’AFDL, en octobre 1996 ; puis celui du lâchage de Mzee Laurent Désiré Kabila en août 1998 par les « libérateurs », ce « conglomérat d’aventuriers » vite déçus par son patriotisme pur et dur, son détachement vis-à-vis du matériel, du luxe. Le feuilleton de la traîtrise ne fait que s’enrichir en épisodes de vente des plans de guerre, de détournement des vivres, fonds et équipements destinés aux hommes engagés sur le front de l’Est. Dieu seul sait combien de généraux et colonels rwandophones tiennent en laisse le commandement de la 8me Région Militaire. «Mobutistes » et « libérateurs », qui connaissent les contours des pactes passés avec les parrains des rébellions congolaises, feraient mieux d’expliquer à la communauté nationale pour quels dividendes ils avaient trahi la patrie hier. Qu’ils nous aident à tirer les leçons des cas de traîtrise d’hier et d’aujourd’hui et imaginer la thérapie de choc requise pour ne plus susciter de nouveaux Nkunda.
No comment...
Kinshasa, 19/11/2008 (Le Phare/MCN, via mediacongo.net)
18 novembre 2008
RDC: les 8 revendications de Nkunda à l'émissaire de l'ONU
Rédaction en ligne
lundi 17 novembre 2008, 22:25
Le chef de la rébellion en cours dans l'est de la République démocratique du Congo (RDC), le général tutsi Laurent Nkunda; a exposé huit principales revendications lors de sa rencontre dimanche avec l'envoyé de l'ONU en RDC, l'ancien président nigérian Olusegun Obasanjo.
AFP (archives)
Le général déchut a d'abord réitéré sa demande de négociations directes avec le gouvernement de Kinshasa, selon une note interne de la Mission de l'ONU en RDC (MONUC).
Ces négociations se dérouleront à l'étranger et par l'intermédiaire d'un médiateur neutre, selon le chef rebelle, qui exige de telles discussions depuis que les hostilités ont repris à grande échelle le 28 août dans l'est du pays entre l'armée et le Congrès national pour la Défense du Peuple (CNDP).
Plus surprenant, le général Nkunda a ensuite exigé la renégociation de tous les contrats signés par le gouvernement congolais avec des entreprises chinoises, toujours selon la même note.
C'est la première fois que le CNDP formule publiquement et explicitement une telle demande, qui révèle, même s'il n'est pas fait clairement référence à des contrats miniers, l'importance des intérêts économiques en jeu dans le conflit.
Reprenant l'une de ses principales revendications, le chef rebelle a une nouvelle fois exigé que les forces gouvernementales cessent toute forme de "coopération" avec les rebelles hutus rwandais des Forces démocratiques de Libération du Rwanda (FDLR) qui sévissent depuis 1994 dans l'est du pays.
Le CNDP accuse régulièrement le gouvernement de collaborer avec les FDLR, dont de nombreux éléments sont présents dans les zones disputées par les belligérants et vivent souvent intégrés au sein de la population.
C'est "l'argument de poids" du CNDP face à la communauté internationale.
Quatrième revendication, le chef rebelle, qui se pose traditionnellement en protecteur des Tutsis congolais, "a demandé la protection pour toutes les minorités ethniques de RDC".
Il a par ailleurs souhaité l'intégration de ses combattants au sein de l'armée nationale congolaise.
Cette épineuse question a été l'une des principales raisons de son entrée dans le maquis, avec l'échec des processus de "brassage" et de "mixage" mis en oeuvre ces dernières années dans le cadre de la réforme des Forces armées de RDC (FARDC).
De même, Laurent Nkunda souhaite l'intégration au sein de l'administration du gouvernement des policiers et fonctionnaires travaillant actuellement en territoire rebelle.
Il a défendu l'idée "d'une promotion de la bonne gouvernance", reprenant là aussi l'un des principaux thèmes politiques du CNDP, à savoir la lutte contre la corruption.
Enfin, il a demandé pour lui-même "un travail dans l'armée, quand toutes les demandes du CNDP auront été satisfaites".
Laurent Nkunda et M. Obasanjo se sont rencontrés dimanche matin pendant près de deux heures dans le fief rebelle de Jomba, dans le Nord-Kivu, à 80 km au nord-est de la ville de Goma, chef-lieu de la province.
La rencontre s'est apparemment déroulée de façon chaleureuse avec l'ancien président nigérian et personnalité phare en Afrique, donnant sans aucun doute une première forme de reconnaissance internationale à la rébellion.
Aucun des émissaires internationaux qui se sont succédé ces dernières semaines en RDC n'avait jusqu'à présent officiellement rencontré le chef rebelle, qui plus est dans ses terres du Nord-Kivu.
De son côté, l'émissaire de l'ONU a amené le CNDP à approuver plusieurs points: d'abord "la mise en oeuvre d'un cessez-le-feu durable", qui reste pour l'instant largement ignoré sur le terrain.
MM. Nkunda et Obasanjo ont décidé à ce propos de "la création d'un mécanisme de vérification tripartite comprenant un représentant des FARDC, du CNDP et une troisième partie acceptée" par les belligérants.
La rébellion s'est engagée à "l'ouverture et au respect de corridors pour permettre l'accès de l'aide humanitaire" aux dizaines de milliers de déplacés.
M. Obasanjo a obtenu de M. Nkunda qu'il le reconnaisse "comme médiateur dans la crise", et un accord de principe pour que de possibles futures négociations entre le CNDP et le gouvernement se déroulent à Nairobi.
(AFP)
Joseph Kabila nomme le général Didier Etumba Longomba à la tête des armées
Le
président Joseph Kabila a nommé lundi un nouveau chef d'état-major
à la tête des armées pendant qu'à l'Est l'ONU indique
une nouvelle avancée de la rébellion en violation de son propre
cessez-le-feu. "Vu la nécessité et l'urgence", le général
Didier Etumba Longomba a été nommé chef d'état-major,
en remplacement de Dieudonné Kayembe, selon une ordonnance du chef de l'Etat
lue à la télévision nationale.
Le général Longomba, qui a servi dans les ex-Forces armées
zaïroises (FAZ), est originaire de la province de l'Equateur (nord-ouest)
et dirigeait jusqu'à présent la force navale. Ce changement à
la tête des armées intervient alors que l'armée congolaise(FARDC)
a subi des revers dans la province du Nord-Kivu face à la rébellion
de Laurent Nkunda, qui est positionnée depuis fin octobre aux portes
de Goma, chef-lieu de la province. Des soldats de l'armée régulière
se sont en outre livrés à de nombreux pillages et exactions fin
octobre à Goma et la semaine dernière dans la région de
Kanyabayonga (100 km au nord de Goma).
A Nairobi lundi, à l'issue de ses consultations en Angola, en RDC et
au Rwanda, le médiateur de l'ONU, M. Obasanjo, a assuré que l'ex-général
Nkunda serait prêt à réintégrer l'armée congolaise
en échange de garanties internationales.
Selon M. Obasanjo, le chef rebelle, qui a pris les armes notamment après l'échec de l'intégration de ses hommes au sein de l'armée congolaise, "discute" de nouveau "de l'intégration de ses soldats dans l'armée nationale".
Selon une note interne de la Monuc, Nkunda a plus précisément exposé huit principales revendications au médiateur de l'ONU, parmi lesquelles: des négociations directes avec le gouvernement, la neutralisation des rebelles hutus rwandais, la protection des minorités, l'intégration des combattants rebelles au sein de l'armée.Il a également exigé la renégociation des contrats signés par Kinshasa avec la Chine, aujourd'hui l'un des principaux bailleurs de fonds de la RDC.
Curieuse coïncidence, dans son ordonnance lue lundi soir à la télévision,
le président Kabila a ordonné la création de nouveaux organismes
publics liés aux intérêts chinois: le Bureau de coordination
et de suivi des accords entre la Chine et la RDC, et l'Agence congolaise pour
les grands travaux.
Kinshasa, 18/11/2008 (AFP/MCN, via mediacongo.net)
Kamere est un hutu Rwandais ?
| Au sujet de la nouvelle maison de Vial Kamere à Rabat au Maroc |
Mesdames, Messieurs,
Le Conseil National de Sécurité lors de
Laurent Désiré Kabila l'avait interrogé sur Procès-Verbal sur ses activités
anti-Congo lors des négociations de Lusaka où il était en intelligence totale
avec la bande à Ruberwa, Bugera alias Rwamakuba à Goma. L'actuel Gouverneur de
l'Equateur a épousé sa soeur à Kigali. Il est donc le beau-frère de Makila. Il cache son
postnom de RWAKANYASIGIZE à vouw, à nous Congolais insconscients,
inconséquents, inconstants, corrompus, aveugles, maniables, etc. N'avait-il pas eu des condisciples à la
Faculté des sciences économiques de l'Unikin ? N'avait-il pas des
condisciplines à l'I.S.P. Kikwit où il était arrivé avec son oncle, assistant à
l'ISP kKikwit, un Rwandais tout fait ? Comment voulez-vous lutter contre la
partition du pays qui se déssine alors de partout on crie qu'il y a des
infiltrés dans les institutions nationales à Kinshasa et vous agissez comme si
de rien n'était. Ouvrez l'oeil. Debout Congolais! Avez-vous lu son livre
consacré à Joseph Kabila alias Hippolyte Kanambe ? A-t-il oui ou non participer au coup d'Etat du
16 janvier 2001 qui avait glissé un autre Rwandais à la tête du CONGO ?
Avez-vous connu la colonisation belge ? Moi, oui. Mais l'esclavage sous les
Rwandais est et sera pire que la colonisation. Allez voir derrière le Palais de
la Nation vos (nos) frères intellectuels que Kanambe emprisonnent et larguent
dans le fleuve Congo. Pourquoi ce Vital ne vous dit JAMAIS de son postnom de
RWAKANYASIGIZE? Que font ses parents à Kigali ? Son oncle paernel est ou avait été ambassadeur du Rwanda en Afrique du Sud non? Vérifiez! Ou renseignez-vous. Ne nous faites pas pleurer en l'appelant Congolais du Kivu. Il est Rwandais de père et de mère. Nous le connaissons plus que vous le pensez. Défendez-le puis on verra. Merci. Un homme averti en vaut trois moins un. |
| Source:congotribune redaction | Date:2008-11-14 01:35:17 |
Babacar Gaye: il faut remettre l'armée "en ordre"
Dans une "situation difficile", l'armée congolaise "a
besoin d'une remise en ordre" pour faire cesser retraites injustifiées
et contre-attaques intempestives, estime le commandant des casques bleus en
République démocratique du Congo, le général Babacar
Gaye.
"Quand on voit la situation à Kanyabayonga" (est), où
des soldats "ont quitté la ville un peu précipitamment"
en début de semaine face aux rebelles de Laurent Nkunda, "il y a
besoin d'une remise en ordre" de l'armée, a déclaré
le général Gaye lors d'un entretien avec l'AFP samedi à
Kinshasa.
"Moi je ne dis pas que l'armée est en débandade, je dis qu'elle est en situation difficile", a-t-il ajouté, de retour d'un voyage avec le chef d'état-major de l'armée de terre, le général Gabriel Amisi, dans la province du Nord-Kivu (est), où les combats ont repris depuis fin août entre armée et rébellion de Laurent Nkunda.
L'armée congolaise, qui selon l'ONU a commis cette semaine des pillages à grande échelle dans plusieurs villes de l'est, est victime d'"excès" de la part de certains de ses éléments, selon le chef militaire de la Mission des Nations unies en RDC (Monuc).
Il faut "éviter" que des militaires fuient "parce qu'on leur a annoncé une attaque", mais aussi éviter que d'autres, "sans coordination, se lancent dans des contre-attaques", comme cela a été le cas la semaine dernière près de Goma, la capitale du Nord-Kivu, a-t-il expliqué.
Le général sénégalais, qui est à la tête de la plus importante mission actuelle de paix de l'ONU avec 17.000 soldats, a aussi accusé les forces armées congolaises (FARDC) d'être en partie responsable de la dégradation de la situation dans le Nord-Kivu.
"Nous étions à la fin du mois de septembre dans une dynamique de progrès", dit-il. "Malheureusement, les FARDC ont enregistré des succès locaux sur le terrain et ont eu la tentation de continuer (...), alors qu'au contraire, j'avais préconisé (...) que les FARDC donnent le bon exemple, qu'ils se déploient sur les lignes prévues" par l'accord de paix de Goma de janvier.
Selon le général Gaye, la résolution du conflit passe par une "approche globale", qui implique une "stabilisation" sur le plan militaire. Il faut que l'armée "s'en tienne à une attitude strictement défensive". "Il appartient au plus haut niveau des autorités congolaises de donner des instructions claires aux militaires" sur le terrain, a-t-il estimé. L'approche globale qu'il préconise passe aussi par "des initiatives d'abord politiques" et diplomatiques.
Concernant la Monuc elle-même, le général Gaye a annoncé qu'elle disposerait dans le Nord-Kivu de 6.000 casques bleus d'ici "au maximum une dizaine de jours", contre 5.000 actuellement.
Ce millier d'hommes supplémentaires viendra "principalement" de l'Ituri, district troublé de la Province orientale (nord-est), frontalière du Nord-Kivu. "Nous n'avons pas renforcé les troupes du Nord-Kivu au détriment du Sud-Kivu", où il "y a suffisamment de menaces", selon le général Gaye.
La politique de la Monuc actuellement est de "protéger les grands centres urbains", tels que Goma, aux portes de laquelle sont positionnés depuis fin octobre les rebelles. "Il faut faire des choix, on ne peut pas être partout", a-t-il justifié.
Le général a par ailleurs catégoriquement démenti la présence éventuelle en RDC de soldats angolais, dont le pays est un fidèle allié de l'ex-Zaïre.
Interrogé sur l'annonce le 9 novembre par la Communauté de développement d'Afrique australe (SADC) d'envoyer des soldats de la paix en RDC, il s'est montré prudent: "Je ne pourrai en juger valablement que lorsque je saurai d'abord si la présence de cette force a un agrément politique (qui) n'est pas un facteur de complication".
Le général Gaye a dirigé la Monuc de mars 2005 à octobre 2008. Il a repris ce poste en novembre, après la démission au bout d'un mois de son successeur."Si je n'étais pas optimiste, je ne serais pas revenu", a-t-il conclu.
Kinshasa, 17/11/2008 (AFP/MCN, via mediacongo.net)
Point chaud : Obasanjo reconnaît la République de Nkunda !
Kinshasa, 17/11/2008 / Politique
Une
erreur de protocole peut conduire à des incidents diplomatiques. Cela
traduit toute l’importance que revêt le protocole dans les relations
entre Etats. Obasanjo qui a été Chef d’Etat sait ce que c’est.
Nous
avions vécu la mort dans l’âme, l’accueil de M’Zée Laurent Désiré
Kabila par le président Jaques Chirac à Paris. Pour cause que M’zée
était un président autoproclamé, le président français s’est contenté
de lui serrer la main alors qu’il faisait une accolade fraternelle à
Bongo, Sassou et autres. Pour les Congolais qui appréciaient à juste
titre la voie qui avait conduit M’Zée au pouvoir, le geste de Chirac
était seulement lisible. Obasanjo est peut-être un ami de Nkundabatware
ou un sympathisant du Cndp, mais, il ne s’est pas trouvé au Nord Kivu
au nom de leur amitié. Il est venu au Congo en émissaire du secrétaire
général de l’Onu.
Nous n’avions pas besoin qu’il étale au grand jour sa sympathie pour le Cndp, même s’il est venu faire la volonté de certaines puissances qui appuient le Cndp. Nous pensons et nous sommes certains que le jour ou l’ancien président nigérian sera chargé de faire les bons offices entre Kigali et les Fdlr, il ne passera pas les troupes de ce mouvement en revue et n’embrassera pas le chef des Fdlr comme il le ferait pour un responsable recommandable.
Obasanjo s’est comporté comme s’il se trouverait dans un Etat souverain au point de passer les troupes rebelles en revue. Pour, lui, Nkundabatware n’est pas un rebelle, mais un chef d’Etat qui avait droit à une chaude et longue accolade. Les deux hommes se sont comportés comme s’ils se connaissaient de longue date. Ou Obasanjo et Nkundabatware se seraient longuement entretenus au téléphone et ont sympathisé avant de se rencontrer, ou l’ancien chef de l’Etat nigérian traduisait par procuration toutes les amitiés de ceux qui l’ont mandaté en Rdc.
Dès le moment ou l’émissaire de l’Onu a démontré dans quelle position il est allé voir Nkundabatware, on ne pouvait s’attendre à des résultats prometteurs. En effet, la rencontre entre l’émissaire de l’Onu et le chef du Cndp n’a produit que ce scandale de la reconnaissance de la république de Nkunda. Ces entretiens ont accouché d’une petite souris. On se demande bien pourquoi.
Comment un homme de la trempe de Obasanjo, venant d’un pays qui a connu la guerre de Biafra peut-il se comporter ainsi vis-à-vis d’un chef rebelle ? L’armée que Obasanjo a passée en revue et qui lui a rendu les honneurs est dirigée par Bosco Ntangada, recherché par la Cpi pour des crimes commis en Ituri. En quoi tient cette tolérance des crimes commis par Nkundabatware et autres, alors qu’on s’est montré sans pitié pour JP Bemba ? Ne fut ce que pour les derniers massacres de Kiwanja, Obasanjo devrait avoir une attitude réservée face au Cndp et à son chef. Lorsque Obasanjo déclare que c’est maintenant qu’il connaît Nkunda et sur le champ il lui fait confiance, cela ne peut que nous laisser dubitatif. Il y a une part de mauvaise foi lorsqu’on sait que Obasanjo a été à des négociations politiques inter congolaises à Sun City.
Si notre mémoire ne nous trahit pas, il aurait même assuré la direction de la commission politique lors de ces travaux. Il serait le premier à débouter le Cndp dans ses revendications actuelles. Qu’il ne l’ait pas fait pour le besoin de la cause, qui peut croire encore à son action ?
(Milor)
Joachim Diana G./L’Avenir
Obasanjo embrasse Nkunda et passe en revue les troupes du Cndp
Kinshasa, 17/11/2008 / Politique
L’émissaire
de l’Onu s’est comporté comme s’il était accueilli par un Chef de
l’Etat dans un Etat indépendant. Le gouvernement congolais va-t-il
laisser passer cela sans la moindre protestation ?
Après
sa rencontre avec le chef du Cndp, Obasanjo estimant que la rébellion
est dans la logique du cessez-le-feu, il promet d’y impliquer le
gouvernement. Ce qui est faux et inacceptable. L’Ancien président
Nigérian a séjourné en Rdc pour le comte de l’Onu avant de se rendre au
Rwanda. Alors que officiellement rien n’a filtré de son entretien avec
le chef de l’Etat congolais Joseph Kabila, la rumeur selon laquelle le
chef de l’Etat congolais n’aurait posé aucune condition pour rencontrer
Nkundabatware circule dans le monde. Pendant ce temps, il sort de
l’entretien entre le ministre congolais des Affaires étrangères Alexis
Thambwe Mwamba avec les autorités rwandaises, que les officiers de
renseignement rwandais seraient invités à participer à la traque des
Fdlr à l’Est de la Rdc. Dans quel cadre ? A-t-on enterré le protocole
de Nairobi ?
Pendant ce temps, l’émissaire de l’Onu, l’ancien président nigérian a fait une accolade amicale à Laurent Nkundabatware qui l’accueillait à Rutshuru au sein de la paroisse Jomba. La rencontre a eu lieu hier dimanche 16 novembre 2008. C’est un Nkundabatware rehaussé par cette visite qui en fait un homme recommandable en dépit de tout ce qu’on sait de lui. Le cas Nkundabatware pousse encore une fois les Congolais, mieux les africains à s’interroger sur le sens à donner à la justice internationale.
Comme on devrait s’y attendre, l’émissaire de l’Onu n’a rien obtenu de Nkundabarware qui a affirmé à Obasanjo sa volonté de négocier un cessez-le-feu avec les autorités congolaises. On peut même se poser la question de savoir si les deux heures d’entretien ont tourné autour de cette négociation sur le cessez-le-feu ? Obasanjo s’était-il déplacé pour obtenir cette déclaration de Nkundabatware ? L’émissaire de l’Onu qui, non seulement s’est permis de faire une accolade fraternelle à Nkundabatware, mais aussi a passé en revue les troupes rebelles, a gobé tout ce que Nkundabatware lui a dit. Sa déclaration à l’issue de l’entretien en est une preuve. « Je sais maintenant ce qu’il veut. Je sais qu’un cessez-le-feu est comme danser le tango, on ne peut pas être seul ».
Pour Obasanjo donc, Nkundabatware était seul à danser le tango, il lui fallait le gouvernement congolais comme partenaire.
La guerre se poursuit
Pendant ce temps, les combats se poursuivent avec son lot de déplacés. La reprise des combats, c’est le moyen que Nkundabatware utilise pour obliger les autorités congolaises à négocier. C’est à Kanyabayonga qu’a presque commencé la rébellion des rwandophones appuyés par l’armée rwandaise pour empêcher le gouvernement congolais d’envoyer des troupes à l’Est afin de protéger les populations de cette partie de la Rdc qui se disaient en insécurité après ce qui est arrivé à Gatumba. pour les rwandophones, il n’était pas question que l’armée nationale arrive dans cette partie du pays.
Puisqu’on a encore ces faits frais en mémoire, on sait que pour mettre fin à cette situation, la Monuc s’est interposée pour établir une zone tampon. Le Rutshru devenait ainsi le fief de Nkundabatware. Le cahier de charges à l’époque, c’était l’intégration de ses soldats dans l’armée nationale sans passer par le brassage. En termes clairs, Nkundabatware ne voulait pas que ses soldats soient brassés et aillent servir ailleurs que dans le Kivu. Flexible jusqu’au niveau inacceptable, le gouvernement congolais a accepté le mixage.
Nkundabatware s’en servira pour infiltrer l’armée nationale et ouvrira les hostilités. Cette fois, le cahier de charges devient la traque des Fdlr sans même attendre l’aboutissement du mixage. Aujourd’hui, Nkundabatware reprend la même stratégie. Alors qu’il est en plein programme Amani, programme de paix négocié à Goma, il ouvre les hostilités. D’abord il prétend traquer les Fdlr, ensuite il exige des négociations directes avec les autorités congolaises. Il réussit à faire accepter la thèse selon laquelle le gouvernement congolais serait fermé au dialogue. Ce plan semble avoir l’adhésion de la communauté internationale.
(SL/Milor/GW/PKF)
L’Avenir
17 novembre 2008
Qui est Laurent NKUNDA
RESEAU D'ORGANISATIONS DES DROITS HUMAINS ET D'EDUCATION CIVIQUE D'INSPIRATION CHRETIENNE
EN REPUBLIQUE DEMOCRATIQUE DU CONGO
RODHECIC
INFO DH N° 65/2008
NORD – KIVU
MASSACRES, MORT PROGRAMMEE DES POPULATIONS DEPLACEES :
Une stratégie d'extermination des populations locales Pendant que l'on
attendait avec impatience l'issue des négociations entre la communauté
internationale par la MONUC interposée et le CNDP sur la protection des
populations civiles déplacées internes de la guerre, le pire est
arrivée : l'attaque par le CNDP des camps des déplacés et la dispersion
à la mitraillette et aux armés lourdes de près de 200.000 personnes
installées dans des camps dans le territoire de Rutshuru au Nord Kivu.
Ces attaques ont été suivies de massacre de prêt de 216 personnes[1] dans la localité de Kiwanja à quelques Km de Rutsuru Centre.
Depuis
le 28 Août 2008 le nombre des déplacés a selon les humanitaires dépassé
près de 1.800.000 de personnes. Le nombre de ceux parmi eux exécutés
comme à kiwanja est selon nos sources très élevé.
Les
déplacés dont la majorité est composée des femmes, des enfants et des
personnes de troisième âges ont été poussés, terrorisés et dispersés
dans la forêt laissant derrière eux tout ce qui pourrait leur servir
pour la survie.
Dans
ces forêts où il pleut jusqu'à 3 fois par semaine, les déplacés sont
abandonnés à leur triste sort. Il n'y a ni nourriture, ni eau potable
ni abris, ni assistance médicale. Ainsi une catastrophe humanitaire
sans précédent est prévisible et les conséquences seront incalculables
: Une majorité d'enfants à bas âges mourront certainement, les femmes
enceintes, les personnes de troisième âge... et toutes les personnes de
santé précaire subiront le même sort.
Outre
la mort brutale due aux exécutions déjà dénoncées, une mort lente,
sûre et programmée des milliers des populations civiles, telle nous
semble être la stratégie de ceux qui sont à l'origine de ce déplacement
massif de ces populations, précédé chaque fois des exécutions sommaires
des garçons et hommes adultes de plus de 15 ans . La cours pénale internationale devrait bien en tenir compte.
Deuxième stratégie
; cette opération est arrivée pendant la saison de semence. Si les
déplacés ne rentrent pas à temps chez eux, c'est une grande partie du
Nord et Sud Kivu qui connaîtra la famine, car Rutshuru et Masisi sont
les greniers de ces régions. Déjà les prix de la pomme de terre et de
haricot (nourriture de base dans cette région) a doublé à Goma, Beni et
Butembo et triplé à Bukavu.
Il
nous revient aussi de l'opinion de nos sources locales que cette guerre
participe d'une stratégie pensée et planifiée pour vider toute cette
région de sa population autochtone, et la remplacer par celle devant
venir du Rwanda et l'Ouganda voisin et qui y serait dans des camps des
réfugiés…
La
guerre de CNDP semble aussi être une réplique de ce qui s'est passé il
y a 12 ans. L'on se souvient en 1996, des attaques similaires de
l'Armée Patriotique Rwandaise, (à la mitraillette et aux armes lourdes)
des camps des réfugiés rwandais au Nord-Kivu et au Sud – Kivu. Il
s'en était aussi suivi des massacres des civiles et d'une dispersion
des réfugiés dans la forêt congolaise. Plus de 250000 réfugiés
demeurent encore aujourd'hui « portés disparus » selon la terminologie
de l'époque. Les auteurs de cette hécatombe n'ont jamais répondus de
leurs actes.
Le Rodhecic demande aux
nations unies d'exiger au CNDP de livrer à la
justice les auteurs des massacres de Kiwanja.
Le
Rodhecic demande aux nations unies d'exiger le retour des troupes du
CNDP à leurs positions initiales d'avant le 28 Août 2008 et aux troupes
Rwandaises le retour dans leur pays.
Le
Rodhecic exige à la justice internationale de qualifier les crimes
encours en RDC, en considérant la composition ethnique des bourreaux et
de victimes.
Le Rodhecic en appel à la conscience internationale à plus de solidarité face aux souffrances des populations déplacées à l'Est
de la RDCongo.
Kinshasa le 8 novembre 2008
Secrétariat du Rodhecic
[1] Selon les sources locales de Rodhecic
INFO DH N°66/2008
Qui est Laurent NKUNDA.
Laurent NKUNDA est issu du mouvement rebelle RCD/Goma.
Connu
sous le nom de NKUNDABATWARE, cet officier serait né au Nord Kivu. Il
a reçu la formation militaire au Rwanda, notamment au camp militaire de
Gabiro. En 1998 il est devenu le Commandant de la 7 ème brigade des forces du RCD/Goma..[1]
Le Général de Brigade NKUNDA était un officier supérieur du
Rassemblement Congolais pour la Démocratie – RCD/Goma (soutenu par le
Rwanda), l'un des principaux groupes rebelles ayant combattu en RDCongo
de 1998 à 2003. En 2004 suite aux accords de paix, il a été nommé «
général » dans la nouvelle armée nationale congolaise (FARDC) créée
avec des soldats venus des différents forces protagonistes de la
guerre de 1998 à 2003. Laurent NKUNDA refusera de rejoindre l'armée
nationale. Il renoncera au poste qui lui avait été attribué et se
retira avec des milliers des soldats dans les forêts de Masisi au Nord
Kivu.
Laurent NKUNDA est auteur des multiples crimes de guerre et des crimes contre l'humanité très documentés.[2]
Dans
la nuit du 14 au 15 en mai 2002, Laurent NKUNDA a été responsable
d'une brutale répression à Kisangani où plus de 160 personnes avaient
été sommairement exécutés. Des
soldats sous son commandement ont également ligoté, bâillonné et
exécuté au moins 28 personnes témoins oculaires des massacres. Ils
ont mis leurs corps dans des sacs lestés avec des pierres et les ont
lancés depuis le pont de la Tshopo dans la rivière du même nom à
Kisangani.
En
dépit de tous ces crimes contre l'humanité et crimes de guerre, il est
resté en liberté alors que les forces de maintien de la Paix des
Nations Unies connaissaient les lieux où il se trouvait.[3]
Et cela malgré les résolutions 1565 et 1649 du conseil de sécurité
qui ont demandé de « s'assurer que les individus responsables de
violations graves des droits de l'homme et du droit humanitaire
international soient traduits en justice ».
En
juin 2004, malgré la fin supposée de la guerre et l'établissement d'un
gouvernement de transition en 2003, Laurent NKUNDA et ses hommes
seront engagés dans la tentative de conquête de la ville de Bukavu au
Sud Kivu.[4] Il était venu prêter main forte aux troupes d'un autre criminel le Colonel Jules Mutebusi à Bukavu. A
Bukavu, les hommes de NKUNDA et de Jules Mutebusi avaient procédé à
des viols systématiques, aux assassinats, au pillage et à la
destruction méchante des biens. C'est entre autre à cette occasion que
sera assassiné le Haut Magistrat KABAMBA abattu froidement à son
domicile.
Laurent NKUNDA n'a aucun respect pour les citoyens congolais et pour les institutions de la République.
Tout
au long de l'année 2006, les troupes du Général Laurent NKUNDA vont
affronter les forces armées de la République Démocratique du Congo
refusant le processus de brassage des troupes mis en place pour
intégrer différents groupes armés dans une armée nationale. Ils
proposeront le mixage. Celui-ci leur sera accordé à la fin du mois
de décembre 2006. Les négociations directes entre les autorités
militaires congolaises et Laurent NKUNDA avaient été mené sous la
facilitation du Président Rwandais Paul KAGAME. Plusieurs brigades
mixées seront mises en place à savoir: Alpha, Beta et Charlie qui
avaient été déployé dans les territoires de Masisi et de Rutshuru.
L'échec
du mixage résulte du fait des massacres à répétition des populations
de Rutsuru et Masisi par les hommes de Laurent Nkunda. C'est
le cas notamment de l'assassinat en public de l'Abbé Richard BEMERIKI.
Laurent NKUNDA avait tenté de justifier les tueries fait par ses
hommes et l'échec du mixage par l'absence de prise en charge correcte
de ses hommes par l'armée nationale.
Au
début de l'année 2008, la conférence de Goma avait réuni, des nombreux
groupes armés évoluant dans le Nord Kivu et dans le Sud Kivu, parmi
lesquels le CNDP de Laurent NKUNDA, en présence des institutions de la
République Démocratique du Congo ainsi que de la communauté
internationale. A l'issue de celle-ci un acte d'engagement avait été
signé à Goma le 23 janvier 2008 par toutes les composantes y compris
le CNDP de Laurent NKUNDA.
En
vue de la mise en place des mécanismes de suivi des recommandations et
résolutions de la conférence et des concertations post conférence, le
président de la République a créé « le programme Amani ». Le CNDP de
Laurent NKUNDA y a siégé dans toutes les commissions y compris la
commission technique mixte Paix et sécurité co présidée par un délégué
du gouvernement et un délégué de la facilitation internationale.
Refusant par la suite le plan de désengagement dressé par la Mission
des nations unies en RDC (MONUC) Laurent Nkunda s'est retiré du
programme « Amani », a lancer des offensives fortement soutenue par
l'armée Rwandaise pour maintenant exiger d'autres
négociations directes avec le gouvernement de la RDC en dehors du
programme « Amani » comme pour dire revenir à la case de départ en
1999.
Conclusion: NKUNDA doit être arrêté.
Laurent Nkunda dit aujourd'hui vouloir renverser
le pouvoir issu des élections. Il vient de provoquer au Nord Kivu une
crise humanitaire grave qui va sacrifier des milliers des vies
humaines. L'opinion ne devrait pas cautionner les forfaits d'un
criminel récidiviste. Le rodheic soutient la position de HRW : Il faut arrêtez Laurent NKUNDA pour crimes de guerre… les Nations Unies doivent agir maintenant
Secrétariat du RODHECIC.
[1] HRW, RDCongo : arrêtez Laurent NKUNDA pour crimes de guerre ; L'armée et les Nations Unies devraient agir pour protéger les civils, New York, 1er février 2006, p.1
[2] Lire Rodhecic, Rapports, témoignages des massacres et transcrit de la bande sur la « mutinerie » du 14 mai 2002. 120pages.
[3] HRW, RDCongo : arrêtez Laurent NKUNDA pour crimes de guerre ; L'armée et les Nations Unies devraient agir pour protéger les civils, New York, 1er février 2006, p.1
[4] HRW, op cit
Texte distribué par:
Mwalimu Kadari M. Mwene-Kabyana, Ph.D.
2311 rue Centre
Montréal (Québec)
Canada
H3K 1J6
Tél. (514) 937-2362
Fax (514) 937-9693
16 novembre 2008
Les tustis tuent à Kiwanja....
LES MULTINATIONALES MINIERES CANADIENNES EN ARRIERE DE LAURENT NKUNDABATWARE DANS LA GUERRE QUI ENSANGLANTE L'EST DU CONGO
(Grands-Lacs Confidentiel 15/11/2008)
http://www.africati me.com/rdc/ nouvelle. asp?no_nouvelle= 436090&no_categorie
Photo d'archive: Le tusti Rwandais Laurent Nkunda et ses frères...
Kiwanja,
(GLAC) - Des crimes de guerre, des crimes contre l'humanité et de
génocide ont été commis le 4 novembre 2008 à Kiwanja au Nord-Kivu, à
l'Est de la République démocratique du Congo (RDC) où 275 personnes ont
été froidement égorgées, étripées à coups de baïonnettes ou tuées par
balles, par les hommes de Laurent Nkundabatware, le chef du CNDP et
outil de Paul Kagame au Congo.
Cent
soixante-quinze de ces victimes ont été identifiées. Cent autres
personnes qui étaient des civils capturés dans les villages pour
transporter des bagages pillés par les rebelles ont été fusillés à bout
portant. Des sources concordantes précisent que les corps de ces cent
dernières victimes ont été enterrés dans une fosse commune dans les
ravines des environs de Rwanguba, entre 10 et 15 km en direction de
Bunagana.
C'est
un officier de l'armée rwandaise, le Major John Muhire, qui dirigeait
les opérations à Kiwanja pour le compte de Laurent Nkundabatware. Après
les massacres, il a été rappelé expressément au Rwanda et un Congolais
de la tribu Hunde a été nommé porte-parole des opérations de guerre
pour justifier ces crimes devant les représentants de la presse qui
viendraient s'informer sur le sujet.
Selon
l'enquête de Grands-Lacs Confidentiel auprès des hommes de Laurent
Nkundabatware, c'est lui-même et son chef d'État-major Bosco Ntaganda,
les deux lieutenants de Paul Kagame au Congo, qui ont ordonné ces
massacres.
Les
sources de Grands-Lacs Confidentiel précisent que Kiwanja est
maintenant un quartier résidentiel en ruine ou rodent des chiens et des
charognards. C'est une boucherie humaine d'une cruauté indescriptible,
perpétrée sur des civils sans défense. Des femmes, enfants, bébés,
vieillards, pour la plupart de la tribu Nande ont été froidement
abattus pour assouvir la soif sanguinaire du tutsi Laurent
Nkundabatware.
Par
ailleurs, à Bunagana (Nord-Kivu), trois brigades, deux de mercenaires
éthiopiens et une de l'armée rwandaise, ont traversé le 4 novembre
dernier, avec des chars de combat de l'armée rwandaise. Tôt, le 11
novembre 2008, cinq autres brigades ont encore traversé vers le
Nord-Kivu.
Les enjeux du dépeuplement que mènent le Rwanda et l'Ouganda dans les provinces orientales de la RDC sont les suivants :
Implanter
à tout prix à l'Est de la RDC, une population de tutsi rwandais.
Ceux-ci deviendront automatiquement des Congolais parce qu'ils vont se
faire passer pour ces immigrés tutsis habitant présentement l'Est du
Congo et faussement appelés banyamulenge, auxquels ils sont apparentés
morphologiquement et linguistiquement.
Permettre
ainsi aux tutsi rwandais de s'imposer majoritairement dans les
institutions afin de décider de l'avenir de l'Est du Congo. En effet,
après les négociations de Sun City et les élections présidentielles en
RDC, ils se sont rendus compte que les institutions démocratiques, même
avec l'aide de la corruption, ne leur permettent pas de contrôler la
RDC.
Créer
plus de terres vacantes pour les multinationales canadiennes,
américaines, britanniques, belges et israéliennes pour faciliter le
partage en toute quiétude du <<gateau congolais>>, c'est à
dire l'exploitation des ressources naturelles immenses dont regorge la
RDC.
Les organisations non gouvernementales, les institutions onusiennes et les pays occidentaux aident à la réalisation de ce plan de plusieurs façons. D'un coté ils ne donnent jamais de vraies solutions et ne prennent jamais de mesures concrètes pour que le problème de l'attaque du Congo par le Rwanda cesse, ce qui leur serait très facile. Bien au contraire, profitant de la situation d'urgence créée de toutes pièces par leur collègue Nkundabatware, ils font semblant de s'apitoyer sur le sort des déplacés de la guerre qu'ils soutiennent. Lorsqu'ils volent « au secours » des déplacés, lorsqu'ils créent des corridors pour évacuer les réfugiés et déplacés de guerre ils aident à accomplir ce plan de vider de sa population autochtone la région qui les intéresse, et ceci avec l'objectif de la remplacer par une population qui les soutiendra dans le pillage des ressources naturelles de la région.
Des sources très bien placées au sein de la rébellion de Laurent Nkundabatware qui se sont confiées à Grands-Lacs Confidentiel ont révélé que cette guerre est soutenue par quatre multinationales canadiennes, une multinationale israélienne et deux multinationales américaines qui, par l'intermédiaire du Rwanda et de l'Ouganda, pourvoient Laurent Nkundabatware en instructeurs militaires. Ceux-ci sont des officiers à la retraite des armées de leurs pays respectifs, ils recrutent aussi des mercenaires et des stratèges militaires. Plusieurs personnalités du gouvernement, basées à Kinshasa, seraient même avec Nkundabatware et contrôlent tous les mouvements des FARDC pour faire échouer leurs tentatives de reconquérir le territoire national. L'ironie de la mondialisation est que ces mêmes multinationales ont officiellement signé des contrats miniers avec le gouvernement congolais de Joseph Kabila. Trois d'entre elles sont opérationnelles au Katanga, deux au Kivu et deux au Kasai.
Selon les mêmes sources, la guerre actuelle au Nord-Kivu est l'aboutissement de la visite que le criminel Paul Kagame avait effectué au Canada en avril 2006 où il avait signé des engagements avec des multinationales canadiennes. Cela faisait partie de son plan de relancer la guerre pour permettre aux multinationales canadiennes d'avoir des contrats plus lucratifs en République démocratique du Congo.
Grands-Lacs
Confidentiel, dans son édition GLAC 6-2006 datée du 27 mars, avait
alors repris en ces termes les déclarations d'un diplomate occidental
qui parlait de la visite de Paul Kagame au Canada qui allait avoir lieu
en avril 2006:
«
La visite de Paul Kagame répond vraisemblablement à un besoin des
multinationales de re-financer l'option militaire pour continuer à
piller l'Afrique. C'est la RDC qui sera vendue à gage. Ce qui est
déterminant c'est au niveau où Kagame rencontrera l'exécutif des
multinationales canadiennes. La politique canadienne pour soutenir ce
criminel dans la continuité du dépeuplement de la population africaine
est simplement une honte.[…]
Le
gouvernement conservateur d'Ottawa, pour camoufler son appui envers le
criminel a choisi d'inviter Kagame à Montréal, loin de la capitale pour
donner l'impression qu'il s'agit simplement d'une visite d'affaires ».
Pour lire le communiqué dans son intégralité cliquez sur le lien
suivant : (http://www.congovis ion.com/nouvelle s/glac2.html).
Les
sources de Grands-Lacs Confidentiel à Kigali précisent que Oscar
Kashala, ancien candidat à la présidence de la République démocratique
du Congo, y était attendu ce mercredi 12 novembre 2008 pour une réunion
très importante avec des officiers rwandais, des officiers du CNDP et
plusieurs stratèges militaires canadiens et américains qui travaillent
pour le compte de Paul Kagame et Laurent Nkundabatware.
Les
sources de Grands-Lacs Confidentiel précisent aussi que deux familles
très bien connues à Luvungi dont les fils sont basés en France seraient
aussi de connivence avec les ennemis du peuple congolais.
Grands
Lacs Confidentiel a finalement identifié l'agent venu du Danemark qui
recrute les mercenaires à Bujumbura pour le compte de Laurent
Nkundabatware. Il s'agit du nommé Sebagabo Munanira Benjamin, basé au
Danemark, originaire de Bibogobogo dans les Haut plateaux de Bubembe
(zone de Fizi). Cet homme est venu avec un équipement complet lui
permettant de fabriquer et imprimer des cartes d'électeurs qui servent
comme pièces d'identité au Kivu. Ainsi, les recrues reçoivent les
cartes d'électeurs et voyagent comme des Congolais pour aller rejoindre
Laurent Nkundabatware au front du Nord-Kivu. Monsieur Sebagabo Benjamin
Munanira tient régulièrement des réunions à Bwiza (Bujumbura) et dans
les camps de réfugiés à Muyinga.
Recommandations :
L'équipe de Grands-Lacs Confidentiel propose les recommandations suivantes à l'honorable Luis Moreno-Ocampo, Procureur de la Cour Pénale Internationale (CPI) qui nous lit en copie :
1. Mettre un point final à l'impunité et aux crimes horriblement indescriptibles qui sont commis en Afrique de Grands-Lacs depuis plus de dix ans et dont les véritables responsables vivent en toute quiétude, dans l'opulence, de par les retombées de ces mêmes crimes. Tout cela se passe sous la complaisance incroyablement cynique d'une communauté internationale bienveillante envers les criminels. Les assassinats, tueries de masse, les viols ignominieux et les conséquences qui en découlent ne sont-elles pas des crimes graves ? Pourquoi restent-ils si longtemps impunis ?
Dans ce contexte, l'arrestation et la comparution devant la Cour pénale Internationale de Laurent Nkundabatware et de son Chef d'État-Major Bosco Ntaganda doivent devenir une priorité parmi les considérations immédiates de la CPI, afin de ramener la paix au Congo.
2. Mener une enquête indépendante visant à déterminer le rôle que les multinationales canadiennes, britanniques américaines et belges jouent dans la perpétuation de la guerre qui a transformé la République démocratique du Congo en bourbier de sang.
3. Lancer des mandats d'arrêts internationaux contre les responsables de ces multinationales pour les faire comparaître devant la justice.
4. Demander aux gouvernements de ces pays occidentaux, Canada, Etats-Unis, Belgique, etc… dont les multinationales sont les principaux pourvoyeurs de cette guerre, d'effectuer des enquêtes sur les cruautés que commettent ces compagnies qui sont enregistrées dans leur pays.
La
Cour pénale Internationale devra démontrer par des actions concrètes
qu'elle n'est pas une institution des instruments de la mondialisation
faite pour punir uniquement certains criminels et pas d'autres qui
commettent des crimes encore plus graves, selon des critères qui
cachent beaucoup de magouilles.
Grands-Lacs
Confidentiel salue les arrestations de Jean-Pierre Bemba et Thomas
Lubanga comme des bons exemples de départ de ce qui doit être fait, de
façon systématique et sans tergiversations, en Afrique des Grands-Lacs.
Par
contre, n'est-il pas cyniquement curieux de voir que ces derniers
soient en prison à la CPI alors que les plus grands criminels que
l'Afrique ait jamais connu, nommément le président Paul Kagame du
Rwanda et Yoweri Museveni de l'Ouganda, vivent dans la quiétude et
l'opulence, alors qu'ils sont responsables des génocides au Congo, au
Burundi et au Rwanda ? Combien des milliers d'Africains doivent encore
mourir avant que ces criminels ne soient amenés en justice ?
le 12 novembre 2008
Esdras MASAN
Rédacteur en chef
Grands-Lacs Confidentiel
E-mail: glac.editor@ gmail.com
15 novembre 2008
Azarias Ruberwa le tutsi Rwando-Burundais se fait passer pour un Congolais alors qu'il est l'espion de Kagame à Kinshasa !

09 novembre 2008
Les Rwandais envahissent la RD Congo...
L’Armée rwandaise est impliquée dans la guerre à l’Est de la Rdc : des officiers militaires de la Monuc ont témoigné sur la présence des soldats rwandais au sein du Cndp de Nkundabatware
Kinshasa, 08/11/2008 / PolitiquePour la première fois, l’Onu a déclaré publiquement que Kigali accorde un soutien réel aux éléments du Cndp de Laurent Nkunda.
Le
premier témoignage nous revient du porte-parole de la Monuc Sylvie Van
den Wildenberg qui a déclaré à l’agence Associated Press à partir de
Goma que les soldats du contingent uruguyen ont vu des militaires
rwandais tirer des obus de chars et d’autres pièces d’artillerie lourde
vers le Congo.
Les troupes rwandaises sont-elles impliquées dans les combats aux côtés du Cndp ? Si pour beaucoup de Congolais, la question ne se pose plus, la chose n’est pas évidente dans une certaine opinion. Kinshasa doit convaincre la communauté internationale. Si ce n’est pas le cas, il sera difficile d’impliquer la communauté internationale dans la recherche de solution à cette « guerre » a dit mme Janday fraser chargée des affaires africaines au département d’Etat américain.
La preuve c’est que tout le monde a compris que la solution passe par Kigali. Il n’y a pas une délégation internationale qui vient en Rdc pour chercher la solution à la crise qui ne fait le détour par Kigali. Les autorités rwandaises ont compris que ce ballet diplomatique est une accusation. Si la solution n’est pas trouvée et que le drame humanitaire va toujours croissant au Nord-Kivu, la communauté internationale ne continuera plus à se taire. Comme Kigali tient beaucoup à son image, il commence à protester contre l’arrivée de ces délégations dans son pays. Les médias et la diplomatie rwandaise sont mis à contribution pour faire comprendre que Kigali n’a rien à faire dans la guerre qui sévit actuellement au Nord-Kivu.
La Monuc constitue pourtant l’œil et l’oreille de la communauté internationale. Pour beaucoup d’observateurs, une des raisons qui a fait que le Cndp n’est pas entré dans Goma, c’était pour ne pas se mettre à découvert. Le Cndp serait entré dans Goma, on ne sait pas comment il pouvait cacher l’armement rwandais et les troupes rwandaises qui combattent pour lui.
La bataille de Rumangabo et l’avancée du Cndp vers Goma a mis à nu plusieurs preuves de l’implication de l’armée rwandaise dans les combats. Les témoignages des officiers de la Monuc sont venus s’ajouter aux effets militaires rwandais saisis et présentés à la communauté internationale par la hiérarchie militaire des fardc.
Lors des combats autour de Goma, l’armée rwandaise a commencé à semer la panique dans cette ville en tirant des obus au dessus de la frontière commune. Les officiers de la Monuc affirment qu’il s’agissait des obus de chars et autres pièces d’artillerie lourde.
Cela a permis aux autorités congolaises de renforcer leurs accusations contre les troupes rwandaises. Kigali a toujours démenti. Aujourd’hui encore, Kigali continue aàdémentir. Mais, pour la première fois, l’Onu a déclaré publiquement que Kigali accorde un soutien réel aux éléments du Cndp.
Le premier témoignage nous vient du porte-parole des Nations unies Sylvie van den Wildenberg. Il a déclaré à l’agence Associated Press à partir de Goma que les soldats du contingent uruguayen ont vu des militaires rwandais tirer des obus de chars et d’autres pièces d’artillerie lourde vers le Congo.
C’était le mercredi lorsque les forces de Nkundabatware ont commencé à avancer vers Goma. Gen Jorge Rosales, chef du contingent uruguayen au sein de la mission de paix de l’Onu en Rdc a déclaré avoir vu le vendredi parmi les troupes rebelles non seulement des chars et de l’artillerie lourde de l’armée rwandaise, mais également des soldats rwandais intégrés dans les forces rebelles.
Après ces révélations, les responsables de l’Onu ont posé la question aux autorités rwandaises qui ont encore nié les faits. Les soldats de l’Onu restent catégoriques. « Nous les avions vus et observés ». La Monuc par son chef, Alan Doss avait confirmé au cours d’une vidéoconférence que les tirs venaient du Rwanda.
Et de préciser que le feu était venu de la frontière rwandaise près de la localité de Kibumba.
Kibumba est situé sur la route principale qui mène vers Rutshuru à environ 17 km au nord de Goma. La localité est non loin de la frontière rwandaise et de l’aéroport de Goma. La frontière du Rwanda est visible à l’Est, du milieu de plusieurs volcans. Mais en diplomate réservé, le chef de la Monuc dit avoir chargé une unité pour vérifier les faits. Il n’est pas convaincu que cela se soit produit et reproduit.
SL/(Milor/GW/Yes/PKF)
L’Avenir
Guerre à Goma..
ENVOYÉ SPÉCIAL (Le Monde)
KIBATI
Le film des opérations militaires, étape par étape
A force d'avancer discrètement, mais inexorablement, vers les positions gouvernementales qui ont repris pied aux portes de Goma pour défendre la capitale de la région du Nord-Kivu, à l'extrême est de la République démocratique du Congo (RDC), les rebelles de Laurent Nkunda étaient assurés de passer à l'affrontement à un moment donné. Vendredi 7 novembre, c'est chose faite.
En contrebas du volcan Nyiragongo, dont les dernières coulées de lave couleur suie descendent jusque sur la piste de l'aéroport de Goma, les Forces armées de RDC (Fardc) vont au contact des rebelles du Congrès national pour la défense du peuple (CNDP). Les semaines passées, les troupes loyalistes avaient décroché en permanence, ouvrant pratiquement la route de Goma aux rebelles. Cette fois, ils tiennent, ils répliquent et ils ne reculent plus, au moins le temps d'une journée.
Sur les hauteurs de Kibati, à dix kilomètres de Goma, les hommes du CNDP ne sont qu'à deux cents mètres. Eclatent les premiers tirs. Droit comme un "i" au milieu de la route déserte, un colonel des Fardc, longue badine à la main, lance ses hommes à l'assaut tandis que sifflent les balles. L'objectif des rebelles est juste derrière la masse de bananiers : une grande antenne de communication qui surplombe la route descendant en longues courbes vers Goma, visible tout en bas, au bord du lac Kivu. On se bat à présent pour cette position.
L'officier cingle le dos d'une recrue au courage faiblissant et l'envoie dompter sa peur en courant vers les balles. "On doit défendre nos enfants, on doit défendre notre pays, alors en avant!" Et de marcher vers les tirs ennemis sur un sol hérissé de blocs de basaltes coupant comme des rasoirs, communiquant en portugais par talkie-walkie avec un supérieur. Des éléments envoyés par l'Angola appuient les Fardc. Sous le feu, on ne cherche plus à le dissimuler. En face, les rebelles de Laurent Nkunda comptent des soldats rwandais parmi eux. Chaque camp nie être aidé par un pays ami.
Les forces congolaises tirent au mortier, installent une mitrailleuse de 12,7, tandis que les blessés descendent peu à peu vers Goma. Le feu ne faiblit pas. Combien de temps ces hommes peuvent-ils tenir sans renforts? "On n'a pas besoin de renforts, on a la force", crie un officier avant de disparaître sous les arbres pour reprendre l'assaut. Peu à peu, les rebelles reculent. Bientôt, des troupes loyalistes fraîches montent appuyer les soldats de l'avant. Il flotte un climat de petite victoire, non négligeable pour des troupes démoralisées jusqu'à présent.
Au même moment, très exactement, se tenait à Nairobi un sommet international pour tenter d'éteindre le conflit au Nord-Kivu. En fin de journée, ses participants, chefs d'Etats africains, représentants de l'Union africaine (UA) et des Nations unies se mettaient d'accord pour exiger un "cessez-le-feu immédiat" et l'ouverture d'un couloir humanitaire. A terme, il s'agirait également de désarmer les groupes rebelles, aussi bien le CNDP que les groupes hutus rwandais qui ont leurs bases arrière au Kivu.
"CLIMAT NOUVEAU"
Le "sommet pour rien", comme l'ont déjà qualifié les rebelles du CNDP, qui en rejetaient les conclusions par avance et continuent d'exiger des négociations directes avec le président congolais, Joseph Kabila, a aussi permis de lancer un projet de déploiement d'une force africaine. Alain Joyandet, le secrétaire d'Etat français chargé de la coopération, y voit le signe d'un "climat nouveau".
Le sommet de Nairobi consacre donc aussi l'abandon du projet de force européenne au Kivu, qui était défendue par Bernard Kouchner et reprise par un groupe d'ONG. Dans un délai d'un mois, une réunion de suivi doit examiner les progrès sur le terrain congolais et dessiner les grandes lignes du désarmement, notamment celui des FDLR (rebelles hutus rwandais), "priorité des priorités car c'est enlever un prétexte" au CNDP pour se battre, selon M. Joyandet.
Dans l'intervalle, la Mission de l'ONU en RDC, la Monuc , devrait être "reformatée" pour muscler son dispositif à l'Est, en plein désarroi depuis plusieurs semaines. Le secrétaire général des Nations unies, Ban Ki-moon, compte demander 3000 hommes supplémentaires pour renforcer les 17 000 hommes qui composent actuellement la mission.
Jusqu'à ce jour, les casques bleus de la Monuc ne sont pas parvenus à remplir leur mission d'interposition. Pas plus qu'ils ne sont en mesure de protéger les populations civiles. L'illustration la plus frappante en a été donnée les jours derniers à Kiwandja, une ville au nord de Goma, où les soldats de Laurent Nkunda reprenaient le contrôle en tuant dans le désordre miliciens ennemis et civils, alors que les soldats indiens de la Monuc , pourtant équipés de blindés, demeuraient pétrifiés dans leur camp.
Jean-Philippe Rémy
Massacres insoutenables des Congolais à Kiwanja par le rwandophone Nkunda et sa horde de barbares !
Kinshasa, 08/11/2008 / Politique
Le nouveau carnage perpétré sur les populations congolaises cette fois à Kiwanja au Nord-Kivu par les cyniques rebelles du CNDP du rwandophone Nkunda révolte le bon sens au regard des images d’horreurs de ces massacres auxquelles se complaisent des barbares dignes des siècles révolus de l’histoire humaine ! Ce qui s’est passé à Kiwanja, localité proche de Rutshuru, chef- lieu du territoire du même nom, est tout simplement inacceptable. Aucune bonne conscience ne peut s’en accommoder. Raconter ces tueries avec des mots est une tâche pas très facile. Par contre, la tâche serait plus aisée pour les confrères de la presse audiovisuelle. Pour ce faire, il suffirait de faire la ronde des cases de la localité.
Il faut avoir le courage de supporter les images qui renvoient à une sauvagerie qui n’est plus de cette époque. Dans chaque maison, il y a des morts de tous les sexes et de tous les âges.
Les enfants, filles et garçons. Les adultes, hommes, femmes, jeunes et vieux, massacrés. Et pour cause, ils appartiennent à une ethnie, les hutus. C’est ici tout le paradoxe de la politique de Paul Kagame en territoire congolais. Il reconnaît qu’il y ait des tutsi congolais qui n’auraient rien à voir avec les tutsi rwandais, si ce n’est que l’appartenance à une seule culture kinyarwanda. Mais Kagame et son bras armé qu’est le Cndp n’accepte pas qu’il existe des hutus congolais. Tout hutu, quelle que soit sa nationalité est un intérahamwe, donc, un génocidaire. Cela explique la nuit aux longs couteaux entre le mercredi 5 et le jeudi 6 novembre 2008.
L’objectif visé
Dans une petite localité comme Kiwanja, lorsqu’on tient compte du nombre de cadavres trouvés dispersés comme des mouches, on se rend compte que l’objectif visé était le nettoyage ethnique. On ne peut trouver une autre explication à cette fureur lorsqu’on sait que les Maï-Maï qui avaient occupé la localité s’étaient retirés plusieurs heures avant. Le Cndp sait que même si on définit les Maï-Maï comme une résistance populaire, ce n’est pas tout le monde qui va aux combats.
Dans ce qui est arrivé à Kiwanja, on trouve la marque du Rdc de triste mémoire à Kasika et à Makobola. Tous ces crimes ayant été oubliés, mais debout devant l’autel de la réconciliation nationale, on n’est pas étonné que cela fasse des émules.
Et dire qu’il y a des gens qui justifient encore les tueries du Cndp pour cause qu’on serait passé à côté de la réconciliation nationale. Y’a-t-il un geste plus fort dans le souci de la réconciliation nationale que de jeter l’éponge sur plus de cinq millions de morts ?
L’enquête de la Monuc
Il nous revient que la Monuc enquête alors que les faits sont là. Il n’est même pas question de chercher des responsabilités. Il est question d’un flagrant délit. Quelques heures avant le ratissage sanglant, les Maï-Maï avaient occupé Kiwanja avant de se retirer sous la pression de la Monuc. Personne n’a fait état de massacres après le retrait des Maï-Maï. La responsabilité de ce massacre est à incomber indiscutablement aux rebelles du Cndp de Nkundabatware.
Si la méthode utilisée par le Cndp diffère de celle des Maï-Maï qui avaient occupé la ville la veille, on trouve la raison dans la motivation le cette guerre. Plusieurs raisons sont avancées pour justifier l’acharnement de Kigali déstabiliser la Rdc.
On parle avec raison des multinationales qui ont besoin de ce chaos afin de perpétrer le pillage des ressources naturelles de la Rdc. Kigali tire bénéfice du pillage qui en fait la plaque tournante du trafic du coltan et autres minerais du sol et du sous-sol congolais. Mais, Kigali ne tire pas seulement bénéfice comme une conséquence heureuse, mais qui serait due au simple hasard de sa position.
Kigali organise tout cela. Il le fait avec la bénédiction de certaines capitales qui le protègent dans la communauté internationale. La présence des hutus à la frontière rwandaise est considérée comme un danger à la sécurité de ce pays. Il y a une notion dangereuse qui fait passer tout hutu, quelle que soit sa nationalité pour un génocidaire.
Un génocide hutu
C’est pourquoi les hutus congolais sont assimilés aux interahamwe. La sentence leur rendue à Kiwanja le démontre. Un prêtre ougandais qui se confiait aux confrères de Fifi peint bien la situation. Dans un ras-le-bol qui devrait aussi être celui de la communauté internationale, le calotin ougandais a demandé à Kigali de cesser de se servir du Cndp pour massacrer les hutu. Il est étonné que même les hutu nés au Congo soient logés à la même enseigne que les génocidaires.
En effet, les enfants qui sont arrivés au Congo à l’âge de 4 ou 5 ans, ont aujourd’hui 14 ou 15 ans, ils constituent l’effectif des hutu étiquetés Fdlr. En ce qui concerne le massacre de Kiwanja, il ne s’agit pas des hutu rwandais.
Ce sont des citoyens congolais qui ont été massacrés à cause de leur appartenance à l’ethnie hutue. Par ce comportement, le Cndp et le Rwanda viennent d’ouvrir la brèche à des massacres ethniques. Aujourd’hui ce sont les hutu qui ont été massacrés. Si demain les hutu saisissent l’occasion pour massacrer le tutsi, l’opinion internationale, les protecteurs des tutsi au Conseil de sécurité de l’Onu et ailleurs, vont-ils s’émouvoir ?
On sait que le Cndp est essentiellement composé des tutsi. C’est immoral que de ne pas condamner une armée dont les visées sont désormais claires. Qui peut encore demander au gouvernement congolais de négocier avec un mouvement qui n’hésite pas à massacrer des populations civiles ?
Que le gouvernement continue à demander au Cndp à rejoindre même la table du programme Amani, c’est inacceptable. C’est également inacceptable que la communauté internationale continue à se distraire avec des sommets avec la participation de Kigali dont la responsabilité dans ce qui se passe à l’Est du pays est plus que clair.
Des cadavres de tous âges
C’est une horreur de constater que dans une case au quartier de Mabongo II, les morts comptabilisés appartiennent tous à la même famille. C’est une preuve de plus que le Cndp ne cherchait pas les Maï-Maï. Sinon, il ne tuerait pas deux adultes, un enfant et deux adolescents.
Un peu plus loin de cette case, on a retrouvé les cadavres dissimulés dans d’autres maisons. Parmi eux, des hommes, des jeunes, des femmes, des vieillards. Tous atteints des balles tirées à bout portant. Les tueurs du Cndp avaient agi en âme et conscience comme le témoigne un rescapé.
Les soldats du Cndp lui avaient épargné la vie pour qu’il leur serve d’émissaire auprès des autres villageois en vue de les dissuader de rejoindre les Maï-Maï dans la forêt. Le Cndp savait donc que leurs ennemis étaient loin dans la forêt. Le rôle de la Monuc, encore une fois et malheureusement, a consisté à compter les morts et à promettre une enquête.
(SL/Milor/PKF)
JDG/L’Avenir
07 novembre 2008
L’Afrique doit tirer les leçons de l’élection d’Obama
Depuis des jours, l’Afrique était en prière. Partout, des groupes s’étaient formés, jeûnant, priant, chantant pour que « leur » candidat, Obama, l’emporte aux Etats-Unis. Depuis deux jours, l’Afrique est en liesse. Dans toutes les capitales, on se congratule, on se prend à espérer que ce « fils de l’Afrique » n’oublie pas ses racines kényanes et s’intéresse au développement du continent noir, trop souvent à la traîne malgré ses richesses humaines et matérielles.
Mais les Africains devraient faire plus que se réjouir. Ils doivent aussi tirer la leçon du formidable exercice de démocratie que les Américains leur ont donné. Aux Etats-Unis, Blancs et Noirs ont tourné la page sur les souffrances et les injustices du passé, accepté de travailler ensemble, de refonder leur unité au départ de la vision généreuse du jeune candidat.
Il y a tant de pays en Afrique où cet exemple mériterait d’être médité : au Kénya, où les élections débouchèrent sur une débauche de violence entre partisans de Kibaki et d’Odinga, sur fond de rivalité ethnique ; en Afrique du Sud, où les migrants noirs ont été lynchés puis expulsés parce qu’ils venaient d’ailleurs, au Rwanda où le génocide des Tutsis fit un million de morts et sert, aujourd’hui encore, de justification au régime pour intervenir au Congo et soutenir des rebelles qui protègent les Tutsis et terrorisent les autres. Au Congo aussi bien sûr, où l’on a bien retenu les leçons des maîtres belges, et où les équilibres ethniques sont une donnée politique incontournable, génèrant rivalités et conflits. A Nairobi, où les dirigeants du Congo et du Rwanda vont se rencontrer, il y aura probablement plus d’arrière pensées et de rancunes que d’avancées véritables alors que ces pays sont condamnés à des relations de voisinage…Dans la plupart des pays d’ Afrique, les groupes ethniques se laissent manipuler par des politiciens avides de pouvoir ; presque partout, le souci de soi, de sa famille, de son groupe l’emporte sur le bénéfice de la nation et le développement demeure à la traîne, même dans des pays d’une richesse insolente.
Il ne suffit pas de battre des mains pour Obama et de spéculer sur sa politique future: les Africains doivent mesurer que ce métis au parcours atypique a dépassé les clivages Blancs/Noirs et que des millions d’électeurs ont pris le risque de parier sur lui. Sur l’avenir, sur le changement. Combien sont ils, en Afrique, qui oseraient ainsi miser sur un inconnu porteur d’avenir ?
Source: Collette Braeckman
OBAMANIA....
Point chaud : Pourquoi l’Amérique a choisi Obama ?
Kinshasa, 06/11/2008 / PolitiqueC’est
la question que tout le monde se pose en ce moment. Pourquoi lui ? Et
pourquoi en ce moment précis où on assiste dans le monde à l’émergence
des puissances qui veulent parler d’égal à égal avec l’Amérique ?
La
guerre froide est derrière nous. Mais la paix dans laquelle nous vivons
est une paix chaude. Ici et là, le monde est en proie à des crises de
tous ordres. Dans nos pays d’Afrique, des marginaux masqués, soutenus
par des puissances de ce monde, entretiennent une terreur qui met en
danger l’existence même de nos Etats. C’est dans ce climat de paix des
dupes et de paix sans pain que Obama arrive aux affaires. Pour redorer
l’image d’une Amérique qui tient à demeurer la locomotive du monde.
En attendant, tout le monde note qu’à tous points de vue, l’élection du sénateur Obama à la présidence des Etats-Unis a tout d’un tsunami. Elle ressemble à un rêve auquel beaucoup d’entre nous ne prêtaient pas foi. Farce que de bonne foi nous considérions que ce rêve là était prématuré. L’Amérique n’a pas voulu entendre de cette oreille. Toujours réaliste et pragmatique, l’Amérique vient de réaliser son rêve. Celui de se réconcilier avec elle-même et avec son histoire.
Une Amérique qui allie la puissance à l’art de surprendre, même ses meilleurs alliés. A part les prophètes, aucun laboratoire scientifique n’avait prévu qu’en 2008 l’Amérique se donnerait un président noir. Pour tous les bons pensants, c’est quelque chose qui devait arriver un jour, mais pas aujourd’hui. C’est pourquoi, il est permis de penser que Barack Obama appartient à cette race des gens au destin exceptionnel. Le genre de destin précisément qui échappe à toutes les projections mathématiques.
C’est des gens que Dieu fabrique à compte goutte. Au point où personne ne les voit venir lorsqu’ils commencent leur mission. Tout ça fait partie des mystères de la vie. Ceci dit, comment, et c’est la question que beaucoup des gens se posent ici, l’Amérique a pu élire un Noir dans un pays à majorité blanche? Une des réponses est la suivante: depuis longtemps déjà, en Amérique, la race n’est plus généralement qu’un simple discours. Elle n’est plus une frontière. Sauf naturellement, pour ceux qui peinent à ouvrir leurs yeux pour bien voir.
Ensuite, lorsque dans les années 60, Robert Kennedy, entre autres, prédisait que dans quarante ans, l’Amérique aura un président noir, les trois quarts de ceux qui viennent de voter pour Obama n’étaient pas encore nés. Ils n’ont donc pas vécu dans leur chair cette Amérique qui était alors divisée en noirs d’un côté et en blancs de l’autre. Il ne connaissent que cette Amérique, à laquelle ils s’identifient et dans laquelle ils se reconnaissent en Obama, qui se débat, dans ses contradiction pour demeurer la nation leader du monde.
Entre la race et la sauvegarde de la puissance de l’Amérique, ils ont préféré la deuxième option. Et ils ont raison. Et voilà pourquoi fondamentalement l’Amérique a choisi Obama. Elle veut rester la nation pilote du monde. En se dotant d’un président capable de faire l’affaire. Et ce président c’est Obama, américain, mais qui est aussi une partie de nous-mêmes.
Comme quoi, et c’est tout à l’honneur de l’Amérique, l’injustice se corrige là où elle a été commise, et toujours par ceux qui l’ont commise. C’est la loi de l’histoire. C’est tout aussi à l’honneur de l’Amérique d’avoir décodé ce principe dont le respect permet aux forts de la demeurer longtemps sans risque majeur pour eux de rejoindre, diminués, les rangs des faibles.
(TH/PKF)
Mankenda Voka/l’Observateur
06 novembre 2008
Nkunda à Kinshasa ?
Professeur Kibanda : « …Nkunda n’est pas seulement à l’Est. On doit chercher à dénicher les Nkunda qui se cachent au gouvernement »
Kinshasa, 05/11/2008 / PolitiqueLe
complot ourdi contre la RDC est international. Et Laurent Nkunda n’est
qu’un instrument des multinationales soutenues par certaines puissances
occidentales, affirme le professeur Kibanda dans une interview accordée
au journal Le Potentiel.
La
RDC étant victime de ses minerais. Surtout ceux nécessaires à
l’économie fondée sur le micro-processeurs, sur l’électronique,
soutient-il. Il n’a pas manqué de déplorer la logique égocentrique qui
semble marquer l’élite politique congolaise, voire intellectuelle tout
court.
Professeur, aujourd’hui, la guerre a éclaté. On parle de plus en plus d’un complot international. Quelle est votre analyse à ce sujet ?
C’est depuis dix ans que j’ai parlé de ce complot. Mes anciens étudiants le savent. Comme lors de l’Eveil patriotique organisé par feu Laurent-Désiré Kabila. Quand vous jetez un coup d’œil sur la Carte minière, même hydrographique au Congo de l’Est, c’est tellement clair. C’est la raison pour laquelle je n’ai jamais accepté la théorie qui consiste à parler avant tout de problèmes tutsi et bantu, tout de suite. C’est une lecture enfantine des choses. C’est même un aveuglement. Quand vous jetez un coup d’œil sur la carte, le problème réel est de vous rendre compte que, dans les zones où persiste la guerre, de Nyunzu (Nord-Katanga) jusque dans la vallée Djugumagi (en Ituri, province Orientale, jusqu’à la source du Nil), c’est là que se trouvent concentrés les minerais nécessaires à l’économie fondée sur le micro-processeurs, sur l’électronique. A part ces minerais, vous avez de grandes concentrations de filons d’or. Et de Goma jusqu’à la frontière soudanaise, ce n’est plus un secret, les réserves pétrolières y sont très importantes.
Donc, les enjeux sont que les multinationales et certaines puissances visent ces ressources là, veulent les contrôler. Raison pour laquelle on peut considérer que Laurent Nkunda n’est qu’un simple mercenaire. Ce n’est donc pas un enjeu majeur. Et les Etats de la région qui utilisent Nkunda veulent jouer en fait le rôle de gendarmes de la région. Reste à savoir réellement si ces Etats mesurent la portée réelle de véritables enjeux qui sont en train de se jouer à l’Est de la République démocratique du Congo.
A partir du moment qu’on accepte que Nkunda n’est qu’un mercenaire, un instrument qu’on utilise, que l’élément tutsi n’est qu’un prétexte et que les frères Tutsi savent qu’ils étaient des millions en RDC et qu’ils n’avaient jamais été l’objet d’un mauvais traitement, ce n’est donc pas le facteur qu’on peut avancer ici. La véritable lecture, c’est ce complot international. Mais, nous, Congolais, devons être conscients aussi, puisque nous parlons de partenariat adulte. Etre conscients du fait que, si Nkunda est un instrument pour le complot international, c’est que les contrats miniers, léonins, qui ont été signés, à l’instar de ceux forestiers et pétroliers, font partie de ce même complot international.
A partir du moment qu’on accepte ce principe-là, on doit savoir que Nkunda n’est pas seulement à l’Est. On doit chercher à dénicher les Nkunda qui se cachent au gouvernement. C’est très important. Parce qu’à partir du moment où on brade le patrimoine national qui concerne aussi les générations futures, on joue le même rôle en empêchant l’Etat congolais de jouer son rôle qui devrait être la locomotive pour tout développement de l’Afrique sub-saharienne.
Si les autres Africains se moquent de nous, c’est parce que nous ne sommes pas contents de ce rôle-là qu’on devrait jouer. Dernièrement, il y a eu la conférence sur la forêt et sur le développement durable du monde, sur le massif forestier de la cuvette centrale, la RDC était absente. Et souvent, nous sommes absents à des rendez-vous extrêmement importants durant lesquels le Congo devrait jouer un rôle important. Non seulement à cause de ses ressources minières, forestières, hydrographiques, mais aussi à cause de ses hommes pour le marché avec des millions qu’il représente. Et même au niveau de la crise financière internationale, tout le monde insiste sur la nécessité de revenir sur l’économie réelle que sont les ressources du Congo. Avec ses neuf frontières, ce que le Congo représente comme potentiel commercial aux niveaux de la Communauté de développement de l’Afrique australe (SADC), de tous les pays de la Communauté économique des Etats de l’Afrique centrale (CEEAC) et même du Marché commun d’Afrique orientale et australe (Comesa), avons-nous conscience de ce que nous devrions jouer comme rôle ? C’est la raison pour laquelle – et c’est même un appel pour notre jeunesse – nous devons comprendre que ce qui en train de se jouer n’est pas le problème du régime de Kabila qui va passer, mais nous devons nous poser la question de savoir quelle est la place du Congo dans le monde aujourd’hui, quelle est sa place demain. Ce n’est pas non plus la question de l’Union pour la démocratie et le progrès social (UDPS), du Mouvement de libération du Congo (MLC), du Parti du peuple pour la reconstruction et le développement (PPRD) ou du Rassemblement congolais pour la démocratie (RCD). C’est la question de tous ces pays-ci.
C’est curieux ! Le Kivu est attaqué. Mais on ne voit aucune mobilisation ni de la population ni de l’élite ou encore de la société civile. Que se passe-t-il ? Y a-t-il encore un complot au pays ?
Un moment donné, au cours d’une émission que nous avons organisée avec Kibambi Shintwa, je crois, j’ai parlé du, géant qui dort. J’ai dit à l’époque qu’on ne peut pas être le Congo et se permettre de dormir comme nous dormions. Et dans cet effort de nous enfoncer dans un sommeil profond, je crois que les médias jouent un rôle immense, avec la musique et la danse à longueur des journées. Je comprends qu’il y ait du temps consacré au Seigneur, à la méditation. Mais la Bible nous enseigne que, pour créer le monde, le Seigneur a travaillé. Et je ne crois pas que toute la vie, on doit la passer en train de s’amuser. A partir du moment où un peuple prend cela comme option, il trahit même l’idéal chrétien.
Mais pourquoi ne mobilise-t-on pas l’opinion pour dire que nous devons défendre notre pays ?
Il y a un problème au niveau de notre élite politique. Je crois que la logique égocentrique semble marquer notre élite. On dirait même que, par rapport aux évolués de l’indépendance, on dirait qu’il y a dégénérescence. Il n’y avait pas autant de docteurs chez ceux qui ont arraché l’indépendance. Mais ces docteurs qu’on a formés, comme disait le professeur Ilunga Kabongo qui nous a quittés, plus que le nombre de médecins, de professeurs, d’ingénieurs augmente, cela correspond à la dégénérescence dans tous les secteurs. Il se pose le problème de savoir quel genre d’élites on a formé. Puisqu’on se rend compte qu’ailleurs, il y a des gens prêts à mourir pour l’intérêt commun. Même pour ceux qui sont au parlement et au gouvernement qui incarnent ce qu’on peut appeler l’intérêt commun, à partir du moment où ils n’ont pas conscience autour de cet intérêt, c’est dangereux. Quand on tient le couteau et qu’on ne sait pas s’en servir, ça devient dangereux. C’est là que se situe le problème de l’élite, pour des questions essentielles. A Kibambi Shintwa, je disais que je ne voyais pas la question qui mobilisait, qui focalisait toute l’élite au-delà des intérêts partisans comme on le sent ailleurs. Même en France, on a vu dernièrement Sarkozy réunir des gens de gauche comme de droite pour débattre de l’avenir de la France. Mais quelles sont ces questions-là qui peuvent mobiliser l’élite congolaise, peu importe le parti auquel on appartient, peu importe les tendances ? Ça, c’est la faiblesse de l’élite non seulement politique, mais aussi intellectuelle.
Concrètement, que doit faire le Congo, la balkanisation du pays étant en marche ?
Le théâtre stratégique l’a formulé : c’est la mobilisation. Je rappelle qu’en 1998, Laurent-Désiré Kabila est parvenu à mobiliser les Congolais. Et en dépit de moyens minimes dont on disposait, l’armée sentait le peuple congolais derrière elle. Je me rappelle encore que, lors d’un appel, M’Zee Kabila avait mobilisé 75.000 jeunes au stade des Martyrs. Je me rappelle aussi qu’un jour, il avait mobilisé, 21.000 étudiants de Kinshasa à Kibomango. Ces jeunes gens avaient juré de ne plus jamais laisser le Congo être recolonisé ou découpé. C’est cet esprit-là qu’on doit retrouver en éveillant la conscience de tous les Congolais. Il n’est pas question d’un régime qui est en jeu, mais de l’avenir du Congo pour lequel nos ancêtres et de millions de Congolais ont donné de leur vie. Il est illusoire de croire à la communauté internationale qui a ses intérêts. C’est un rêve de croire que tout le monde souhaite l’unité du Congo, malgré des discours pour nous endormir. Certains pays qu’on considère comme amis débitent des propos peu courtois, voire injurieux, à l’endroit du peuple congolais et de ses dirigeants. Si on est assez mûr, on devrait comprendre que les gens qui nous veulent du bien ne doivent pas proférer des injures quand les Congolais songent à explorer d’autres perspectives de développement. Donc, on devrait réfléchir à toutes ces questions-là en suscitant des débats comme à l’époque de l’éveil patriotique. C’est autour de cela qu’on va mobiliser les gens.
Mais il y a un problème. Comment mobiliser les gens lorsque le front social est en ébullition ? N’y a-t-il pas un complot quelque part pour que cette mobilisation n’ait pas lieu ?
Quel que soit le cas, s’il y a de la transparence, si les Congolais sont convaincus de la cause noble de ce combat, ils ne demanderaient pas mieux que défendre leur pays. Pour le front social, il a fallu d’abord informer le peuple que les partenaires qui ont promis d’apporter leur contribution au Budget ne l’ont pas fait. Il faut le dire courageusement aux Congolais qui sont mûrs pour comprendre. Mais à partir du moment où on se rend compte qu’il y a des gens qui s’amusent avec des ressources publiques. Au même moment, on demande à une catégorie de la population de consentir des sacrifices, je crois que personne ne va accepter ce type de mot d’ordre. C’est là que ça pose problème. Mais si les gens, dans la transparence, savent que l’Etat a comme priorité présentement de libérer l’Est du pays, je ne crois pas qu’un Congolais conscient puisse refuser ce sacrifice.
(SL/Ern./GW/Yes)
Freddy Mulumba Kabuayi wa Bondo/Le Potentiel
05 novembre 2008
Barrack Obama Mokonzi ya mboka...

« Le changement est arrivé en Amérique ». C'est par ses mots que Barack Obama a commencé son premier discours de président élu, à Chicago, dont voici les principaux points, publiés par le site de « La Voix du Nord ».
LE CHANGEMENT
« Le changement est arrivé en Amérique. » « Il a fallu longtemps. Mais ce soir, grâce à ce que nous avons accompli aujourd'hui et pendant cette élection, en ce moment historique, le changement est arrivé en Amérique ».
« Si jamais quelqu'un doute encore que l'Amérique est un endroit où tout est possible (...) la réponse lui est donnée ce soir ».
LES DEFIS A RELEVER
« C'est votre victoire », a-t-il assuré en rendant hommage aux « millions d'Américains bénévoles » qui l'ont aidé dans sa campagne. « Vous l'avez fait car vous comprenez l'immensité de la tâche qui nous attend. Parce qu'à l'heure où nous célébrons la victoire ce soir, nous savons que les défis de demain sont les plus importants de notre existence -- deux guerres, une planète en péril, la plus grave crise financière depuis un siècle »
« La route sera longue. Le chemin sera escarpé. Nous n'atteindrons peut-être pas notre but en un an ou même en un mandat, mais il n'y a jamais eu autant d'espoir que ce soir, mais le peuple américain y arrivera. »
« Il y aura des revers et des faux départs. Nombreux sont ceux qui ne seront pas d'accord avec chaque décision que je prendrai en tant que président et nous savons que le gouvernement ne peut résoudre tous les problèmes. Mais je serai toujours honnête avec vous quant aux défis auxquels nous sommes confrontés. Je vous écouterai, particulièrement lorsque nous serons en désaccord ».
LE MESSAGE A LA COMMUNAUTE INTERNATIONALE
« A ceux qui nous regardent ce soir au-delà de nos frontières, des parlements aux palais en passant par ceux qui sont assemblés autour d'une radio dans les coins oubliés du monde, nos histoires sont singulières, mais nous partageons le même destin » « A ceux qui voudraient détruire le monde, nous vous battrons. A ceux qui aspirent à la paix et à la sécurité, nous vous soutenons ».
LA QUESTION RACIALE
« Ce soir, je pense à cette femme qui a voté à Atlanta (...) Ann Nixon Cooper a 106 ans. Elle est d'une génération née juste après l'esclavage. A une époque à laquelle quelqu'un comme elle ne pouvait pas voter pour deux raisons: parce que c'était une femme et à cause de la couleur de sa peau ».
L'HOMMAGE A SON ADVERSAIRE REPUBLICAIN JOHN MCCAIN
John McCain « a bataillé dur et longtemps au cours de la campagne, et il s'est battu plus durement et plus longtemps encore pour le pays qu'il aime. Il a enduré des sacrifices pour l'Amérique que la plupart d'entre nous ne peuvent même pas imaginer, et nous avons profité des services rendus par ce dirigeant courageux et altruiste ».
« Je le félicite, ainsi que la gouverneure Palin (sa colistière, ndlr) et je suis impatient de travailler avec eux ».
S'adressant aux électeurs républicains, il a affirmé: « Je n'ai peut-être pas remporté votre vote, mais je vous entends, j'ai besoin de votre aide, et je serai également votre président ».
Source : LE SOIR ( Belgique)
04 novembre 2008
Guerre de l’Est : les tireurs des ficelles
A
qui profite la guerre de l’Est ? Interrogation pertinente au moment où
l’on se prépare à une nouvelle rencontre au sommet, au plan
régional, à Nairobi pour ramener la paix en République
démocratique du Congo. Si cette rencontre ne répond pas à
cette interrogation, elle est vouée à l’échec. Ce
serait continuer à tourner en rond et en dérision le peule congolais.
La Communauté internationale se penche à nouveau sur ce « grand malade » qu’est le Congo pour lui administrer une nouvelle thérapeutique. Attitude résultant de la troisième guerre qui sévit actuellement dans le pays avec une situation humanitaire catastrophique.
Initiative encourageante mais qui risque de n’apporter aucune solution durable tant que l’on n’ira pas au fond du problème. C’est-à-dire, s’appesantir sur les causes profondes de toutes ces guerres à répétition. En d’autres termes, dénicher les vrais commanditaires de ces crimes ainsi que les vrais bénéficiaires. D’où la nécessité de répondre à cette interrogation : A qui profite la guerre de l’Est ?
Eluder cette question au moment où le CNDP amorce le morcellement du territoire national sans qu’il soit condamné par la communauté internationale, consisterait à se moquer merveilleusement du peuple congolais. Ce serait exprimer du mépris envers la Nation congolaise pour mettre à exécution un plan machiavélique qui a pour finalité de consacrer l’inexistence de la Nation et de l’Etat congolais.
Sinon, comment expliquer que le Dialogue intercongolais, la période de transition avec la fameuse formule 1 + 4, l’organisation des élections, la Conférence internationale sur la région des Grands Lacs, l’Accord de Washington, Tripartite plus 1, l’Accord de Nairobi, la Conférence de Goma n’aient pas pu ramener la paix en République démocratique du Congo ? Les Congolais seraient-ils incapables de comprendre le langage de la paix, de la sécurité et du développement ?
Aujourd’hui, l’on est à la case départ avec les mêmes acteurs, les mêmes financiers comme ce fut lors de la signature de l’Accord de Lusaka. Le Kivu, toujours à l’Est, est à feu et à sang et Rutshuru échappe au contrôle de Kinshasa. C’est qu’il y a anguille sous roche. Que l’on continue à tourner autour du pot en évitant d’aborder les vraies questions de fond.
L’EXISTENCE D’UN COMPLOT
Eviter d’aborder les questions de fond demeure une preuve irréfutable de l’existence d’un complot. Un vaste complot, comme déjà souligné dans l’une de nos dernières livraisons, qui soit à la fois interne et externe.
Interne, de par l’existence des « Faucons » congolais. Les va-t-en guerre qui ont toujours adopté des positions radicales dans le but de souten
Je suis patriote et
activiste politique sur le terrain. Aujourd'hui je veux seulement glisser un
petit mot en ce qui concerne Vital Kamere. En tant que chercheur, je m'étais
rendu à l'Université Lovanium de Kinshasa (Unikin) pour savoir un peu plus..
Vital Kamere est diplômé en sciences économiques de l'Unkin. Sur son parcours
et son diplômé, il est marqué, Monsieur Vital Kamerere Rwakanyasigize, de
nationalité RWANDAISE. Mes enquêtes sont allées un peu plus loin. Les amis
Rwandais m'ont fait visité la maison de ses parents à Kigali.