Kinshasa, 26/09/2008 / Musique

Seul le pasteur chanteur Debaba était présent à tous les lieux et a accompa­gné Mopero jusqu’à sa dernière demeure. Le chanteur Mopero wa Maloba a été porté en terre di­manche 21 septembre dernier dans la capitale congolaise.

Décédé le 17 août dernier en côte d’Ivoire, le chanteur et pasteur congolais dont le corps a été rapatrié la semaine der­nière à Kinshasa n’a pas eu droit malheureusement à l’honneur qui devrait lui être rendu.

Tant pour son talent de chanteur et moins encore en sa qualité de pasteur, aucune personnalité ne s’est pointée à Mombele ou étaient organisées les obsèques.

Seul le pasteur chanteur Debaba était présent à tous les lieux et a accompa­gné Mopero jusqu’à sa dernière demeure avec le soutien de l’asbl « Artiste en danger ».

Cette attitude déplorable a été dénoncée par la famille biologi­que de l’artiste et d’autres nom­breux mélomanes, ayant cons­tate ce désintéressement de ses compères Pourquoi cette négligence. Rien n’est jusque là évoqué à ce sujet.

Qui fut Mopero wa Maloba ?

C’était un natif du quartier Mombete habité par le peuple teke. Son cursus du pri­maire, il l’a accompli à l’école Saint Gabriel au quartier Yolo sud dans la Commune de Kalamu.

Après quoi, il s’en va poursuivre avec le cycle du se­condaire dans la province du Bas-Congo. C’est vers les an­nées 70 que sa passion pour l’art musical explose en lui et oriente ses pas vers l’orches­tre « Tupo Zawutemba », con­duit par Audry qui s’illustre comme la tête d’affiche de ce groupe et son  « maître »   au chant.

Avec le concours de Jonitha, Abanitha, Mabibi, Mambo Ley, Boba Mwana Nteba (actuellement bourgmes­tre de la commune de Masina) et autres, que les mélomanes débaptisèrent « les poulains noirs », il monte le groupe « Africa danse » en 1972.

Deux ans plus tard, il regagne son fief de Mombele et fonde l’orches­tre  « Tupa Zawutena » qui re­groupait des chanteurs comme Emeneya Mubiala et Mambo Ley.

A l’orée de l’année 75, il fusionne avec le chanteur Do­nat Mobeti, en provenance du quartier Matonge, toujours à Kalamu, et fonde ensemble le groupe Kavacha.

Avec des titres comme « Kabasele », « Gina », « Réalité », « Luciana », pour ne citer que celle-là, ils ont marqué leur en­trée effective dans l’arène mu­sicale du pays. Visité par le spectre de la séparation, l’or­chestre se disloque et Mopero s’en va créer « Shama Shama », tiré de l’une de ses oeuvres intitulée « Vicky Shama » qui  connut un suc­cès hors pair.

Les chansons telles que « Okomi kolangua », « Tapale », « Masasu ». « Ba ngambo ya moto », « Basaleli ngai  likita » « Nkento émanci­pée », « Mopaya zoba », « Ma fille » et autres constituent la discographie qui lui permit de connaître l’apogée avec à la clé de nombreux voyages à l’étran­ger.

Dès lors il devient une de grandes vedettes de Kinshasa et est désigné la « meilleure vedette » et le « meilleur chan­teur » des années 74, 75 et 76. Et son groupe bénéficie de cette même considération dans les annales de la musique de la RD Congo.

Mais en 77, « Shama Shama » se désintègre. Mopero reste seul à bord avec sous son joug quelques musi­ciens avec lesquels mis en va en Ouganda, pendant plusieurs temps.

Attaché à sa patrie, il revient au pays et reconstitue son groupe avec en toile de fond des chansons attachantes comme « Soyez gentil ».

Mais en 1985, il intègre Victoria Elei­son, conduit par King Kester Erneneya.

Cependant, l’effet de la pa­role divine s’attachant à lui à l’instar de son vrai nom, Liloba wa Nzambi Ferdinand, il se con­vertit à l’Eglise Cite Béthel » du pasteur Mbiye.

En 1992, il est consacré pasteur par son père spirituel et s’inscrit dans l’évangélisme.

C’est à l’Assemblée Chré­tienne de Dieu (ACD), en 1995, qu’il confirme son apostolat à l’Eternel. Mais, il ne décroche
pas avec la musique.

Il réalise un album intitulé « Biblia » dans lequel il magnifie la bonté du Créateur.

Cet album fait l’objet d’un succès. Il est sollicité pour une tournée musicale Canada via la Côte d’ivoire devenu comme sa seconde patrie où il créa une extension de sa paroisse. Il y mourut le 17 août 2008 de suite d’une courte maladie.

La nation congolaise lui est reconnaissante pour son large héritage musical qui ins­pire encore, de nos jours, ses nombreux chanteurs au sein des groupes comme Victoria Eleison, Wenge Musica, Extra Musica, Viva la Musica, Lipua Lipua, Empire Bakuba.

Mopero wa Maloba était un génie, un auteur composi­teur, un chanteur et un guita­riste de talent qui aura porte haut la culture de la commu­nauté Bateke, en particulier, et de la RD Congo, en général.

(Milor/PKF)

Bob Ambongo/Uhuru