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Losako, le blog du Peuple savait qu'il était mort... cliquez sur le lien ci-dessous pour voir l'annonce depuis fin Mai

http://losako.afrikblog.com/archives/2009/05/30/13906872.html#comments

Le président gabonais Gabon Omar Bongo Ondimba, au pouvoir depuis 41 ans et doyen des chefs d'Etat africains en exercice, est mort lundi à l'âge de 73 ans en Espagne, ont annoncé les autorités du Gabon dont les frontières ont été fermées dans la foulée.

Hospitalisé dans une clinique espagnole depuis début mai, est mort lundi en début d'après-midi, selon un message écrit du Premier ministre gabonais Jean Eyeghe Ndong remis aux journalistes à Barcelone après une journée d'incertitudes.

"C'est à 14H30 (12H30 GMT) que l'équipe médicale m'a informé, ainsi que les officiels et membres de la famille présents, que le président de la République, chef de l'Etat, Omar Bongo Ondimba, venait de rendre l'âme des suites d'un arrêt cardiaque", indique ce message.

Selon la Constitution gabonaise, le président du Sénat, actuellement Rose Francine Rogombé, doit assurer la transition jusqu'à un scrutin à programmer au plus tard 45 jours après le constat de la vacance du pouvoir.

A Libreville, le ministère de la Défense, dirigé par Ali Ben Bongo Ondimba, fils du défunt et mentionné comme un des principaux successeurs possibles, a décidé peu après cette annonce "la fermeture des frontières terrestres, aériennes et maritimes" du pays.

CPS_SCQ05_080609190709_photo01_photo_default_512x375Appelant la population au "patriotisme", il a également annoncé "la mise en place de toutes les composantes des forces de défense sur tout l'ensemble du territoire" et "la sécurisation des sites et des bâtiments administratifs sensibles".

Après 41 ans de pouvoir sans partage, la succession de ce dinosaure s'annonce difficile d'autant que M. Bongo n'a jamais désigné de dauphin.

Soulignant que le président avait "toujours cultivé l'unité et la cohésion des Gabonais pour une paix véritable", M. Eyeghe Ndong a appelé à ses concitoyens à "la préserver dans le respect des institutions".

"En cette circonstance douloureuse, le gouvernement de la République vous invite à rester unis et solidaires dans le recueillement et la dignité", leurs a-t-il lancé depuis Barcelone, dans un message lu par la vice-Premier ministre gabonaise, Georgette Koko, à la télévision nationale.

Le gouvernement a décrété un deuil national de 30 jours, avec mise en berne des drapeaux. Le programme des obsèques sera communiqué ultérieurement.

BONGO00LB0002Le président français Nicolas Sarkozy a exprimé "beaucoup de tristesse" et assuré que la France était "dans cette épreuve aux cotés du Gabon, de ses institutions et de son peuple".

L'incertitude sur l'état du président gabonais avait persisté toute la journée de lundi.

Sa mort avait d'abord été annoncée dimanche soir par une source proche du gouvernement français. Mais lundi matin, le Premier ministre gabonais avait démenti, affirmant qu'il était "bien en vie".

Finalement quelques heures plus tard deux médias espagnols, le journal catalan La Vanguardia et l'agence Europa Press, citant des sources anonymes proches de son entourage, révélaient la mort d'Omar Bongo lundi après-midi. Une source suivant de près la situation et ayant requis l'anonymat, a indiqué qu'il était décédé à 14H00.

CPS_SCQ05_080609190709_photo02_photo_default_324x512Les autorités gabonaises avaient jusque là soutenu que M. Bongo Ondimba avait été hospitalisé pour un simple "bilan de santé approfondi et des soins appropriés". D'autres sources l'avaient au contraire décrit dans un état "grave", soigné pour un cancer intestinal.

Après l'annonce de son décès dimanche soir depuis la France, M. Eyeghe Ndong avait indiqué que le Gabon allait protester officiellement auprès de Paris pour dénoncer les "dérives répétées de la presse française" sur l'état de santé du président gabonais. L'ambassadeur de France à Libreville, Jean-Didier Roisin, a été convoqué au ministère des Affaires étrangères.

A Libreville, on avait noté dès lundi matin une présence militaire et policière en différents points clés, notamment devant la télévision publique ou encore sur la voie expresse qui entoure la capitale. Les communications, en particulier internet, étaient perturbées.

Jadis considéré comme un petit eldorado pétrolier africain, le Gabon, exportateur de matières premières et importateur de biens manufacturés, est touché de plein fouet par la crise, victime de longues années d'une gestion sans diversification de l'économie et gangrené par la corruption.

Les mouvements de grève dans la fonction publique se sont multipliés avec un risque d'explosion sociale.

Considéré comme un "sage" en Afrique, Omar Bongo était l'un des symboles de la "Françafrique", cette relation complexe entretenue entre Paris et ses ex-colonies d'Afrique, où se mêlent raison d'Etat, lobbies et réseaux politico-affairistes.

Hommage des époux Chirac au "sage" Omar Bongo

CPS_SCR18_080609195410_photo00_photo_default_512x361L'ancien président de la République Jacques Chirac et son épouse Bernadette ont salué lundi la mémoire du président gabonais Omar Bongo, qui "aura réussi à s'imposer comme un sage" contribuant "à la paix et à la stabilité de l'ensemble du continent" africain.

"A la tête de la République du Gabon, Omar Bongo n'aura eu de cesse pendant plus de quarante ans d'oeuvrer au développement économique et social de son pays, comme de l'Afrique entière", selon un communiqué des époux Chirac.