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Objet: BONGO mort, SASSOU jubile et au Gabon il a déjà fait son choix !

 

La succession du feu-Président gabonais El HADJ Omar BONGO ONDIMBA n'est visiblement pas seulement une affaire gabono-gabonaise, elle déchaîne les passions en France et même dans la plus haute sphère politique congolaise.  En bon observateur avisé, j'ai donc décidé de lever le voile sur les différentes manouvres qui ont cours actuellement à Brazzaville autour de cette succession gabonaise.   

Tout le monde a pu voir à la télévision congolaise les images d’un SASSOU souriant en compagnie tour à tour du roi MAKOKO de Mbé et de la reine NGALEFOUROU de Ngabé. Le premier était accompagné de David Charles GANAO, le vieux Batéké de Djambala, alias le vieux MANOIR (le grand frère téké du feu-Président Omar BONGO ONDIMBA) et la seconde de Célestin GANGARA NKOUA (le vieux sorcier téké de NGO – le grand-frère de Joseph MIOKONO -, celui-là même qui avait prédit en 1991 la fin de SASSOU I dans des termes qui restent encore gravés dans notre mémoire collective ; et qui est aujourd'hui le Président de son Conseil économique et social).   

Alors, Pourquoi SASSOU et GANAO ont-ils quitté précipitamment Libreville pour venir se montrer en compagnie du roi MAKOKO et de la reine NGALEFOUROU alors que les obsèques d'Omar BONGO ONDIMBA n'étaient pas encore terminées ? Que nous cache-t-on derrière cette mise en scène ?    

En fait c'est très simple. Depuis quelques temps, les relations entre le feu Président Omar BONGO ONDIMBA et son beau-père, Denis SASSOU N'GUESSO étaient au plus mal. A tel point que pour la présidentielle prévue en juillet 2009, bien longtemps avant sa mort ‘‘surprise’’, tous ceux qui étaient proches de BONGO, y compris bien entendu son grand-frère téké, Davis Charles GANAO qui avait élu domicile à Libreville depuis 1997, savaient que BONGO avait déjà pris cause et partie pour son petit-frère téké, Mathias DZON.   

C'est d'ailleurs ce qui expliquait en grande partie l'assurance qu'affichait ce dernier avec une certaine arrogance qui frisait l’hilarité. Et c'est justement cette arrogance et ce manque d'humilité qui ont poussé le vieux patriarche Batéké Charles David GANAO à soutenir SASSOU (qui sait mieux respecter les aînés et s’humilier quand ses intérêts sont en jeu?) contre la volonté de BONGO et donc à ne pas soutenir DZON, jugé trop vaniteux et orgueilleux. De plus, un vieux contentieux oppose DZON et ces autres frères tékés, notamment des Plateaux. Ces derniers n’ont jamais pardonné à DZON d’avoir voulu créer du temps où il était le puissant ministre des Finances, un deuxième royaume téké à Mbaya, opposant ainsi le très respecté roi de Mbé à son cousin, le vassal de Mbaya. C’est sans doute la raison pour laquelle DZON n’a jamais rendu visité au roi de Mbé et à la reine NGALEFOURI. Et aujourd’hui encore, bien qu’il veuille se poser en candidat des Batékés, DZON n’a pas jamais jugé nécessaire d’aller prendre la bénédiction du roi de Mbé et de la reine NGALEFOUROU. Ce qui est interprété par les sages Tékés comme une marque d’orgueil sans limite et un manque de respect impardonnable de sa part.       

Jusqu'à la mort de BONGO, le roi MAKOKO et la reine NGALEFOUROU ne voulaient plus entendre parler de SASSOU qui avait tout fait pour affaiblir l’influence et voler les pouvoirs mystiques des héritiers de l’interlocuteur de DE BRAZZA. Et maintenant que BONGO est décédé, GANAO qui a maintenant les mains libres a vite sauté sur l'occasion pour réconcilier le roi de Mbé et son épouse, la reine de Ngabé avec SASSOU. La décision a donc été prise lors d'une réunion tenue secrète à Libreville en marge des obsèques de BONGO, d’organiser une rencontre à trois à Mpila entre SASSOU, le roi MAKOKO et la reine NGALEFOUROU en présence de GANAO, qui devait ainsi sceller la réconciliation entre les trois personnages. Il faut dire que depuis qu'il était rentré en conflit ouvert avec le roi de Mbé et son épouse, la reine de Ngabé, SASSOU vivait un véritable enfer sur terre car dit-on ses nuits étaient devenues cauchemardesques : une voix mystérieuse lui disait dans son sommeil que tant qu'il ne se sera pas réconcilier avec ces deux notables tékés, il ne sera pas réélu en 2009. Et comme l'homme est très superstitieux, on peut imaginer que ses nuits étaient très agitées. 

C'est ainsi que dès son arrivée à Brazzaville, le vieux patriarche Batéké dépêcha véhicules et chauffeurs à Mbé et à Ngabé pour faire venir le roi et la reine à Brazzaville. Mais contrairement à ce que pensaient sans doute SASSOU et son puissant soutien téké (GANAO), les choses n'étaient pas aussi simples, notamment du coté de la reine. En effet, s'il était relativement facile de convaincre le roi de faire le voyage de Brazzaville, la reine en revanche ne voulait rien savoir (est-ce parce que le général Raymond Damase NGOLLO, l’enfant du village, qui y séjourne régulièrement y aurait fait un grand travail de terrain contre SASSOU ?). C'est finalement sur l'insistance de Célestin GANGARA NKOUA qui a longuement supplié son entourage qu'elle a fini par consentir à se rendre à Brazzaville pour écouter par politesse ce que le Président de

la République

avait de si important à lui dire. Mais elle a cependant exigé et obtenu qu'elle ne soit pas reçue en même temps que son mari, le roi MAKOKO. C'est qui explique que l'on a pu voir à la télé que les deux personnages étaient reçus en audiences séparément, le premier en présence de GANAO et la seconde en présence de GANGARA NKOUA.   

Et pour exprimer sa joie après cette réconciliation (qui serait donc selon lui synonyme de sa réélection le 12 juillet ?), l'homme des masses a offert à chacun de ses deux invités un PICK UP HILUX flambant neuf, sorti tout droit de

la CFAO

(qui appartient à François PINAULT, l'ami de son ami CHIRAC, ne dit-on pas que les amis de nos amis sont nos amis ?) accompagné naturellement d’une enveloppe bien garnie. Opération réussie et  tout le monde était content.

 

C'est donc tout heureux que SASSOU et GANAO ont repris leur avion pour rejoindre Libreville après avoir scellé la réconciliation tant souhaitée par SASSOU avec le roi téké et sa reine. Ragaillardi par cette réconciliation inespérée, SASSOU sait que son principal challenger DZON est définitivement lâché par les siens (GANAO, GANGARA NKOUA, Florent TSIBA, André OKOMBI SALISSA, Marcel TSOUROU...) à cause de son orgueil, de son manque d'humilité et surtout de son manque de sagesse, et n'a plus désormais son seul soutien de poids après le décès d'Omar BONGO (qui avait déjà clairement pris cause et partie pour lui).

Pourtant, SASSOU qui sait flatter l’égo de ses adversaires en leur faisant miroiter monts et merveilles continue d’envoyer nuitamment des émissaires auprès de DZON pour lui demander de se retirer et une fois qu’il sera réélu, il lui renverra l’ascenseur (un poste de Premier ministre avec les pleins pouvoirs ? Mais pour l’instant ce dernier refuse comme par un dernier sursaut d’orgueil, mais jusqu’à quand ?). Les tékés divisés et incapables de former un bloc uni (tant pis pour eux), SASSOU se sent à nouveau pousser les ailes (diviser pour mieux régner) et veut désormais empêcher le clan BONGO et les tékés (ses ennemis jurés ?) de prendre la succession au Gabon. C'est ainsi qu'en bon prince machiavélien manœuvrier agissant dans l’ombre comme en son habitude, il tire les ficelles et milite activement pour l'installation au pouvoir du général Idriss NGARI (un homme des armes comme lui et d'ethnie Fang).

SASSOU ne veut surtout pas voir Ali ben BONGO ONDIMBA succéder à son père, pas même l'actuel compagnon de Pascaline BONGO (le totem de son père), Paul TOUNGUI (actuel ministre des affaires étrangères) et encore moins l'ex-mari de cette dernière, Jean PING (l’actuel parton de l'Union africaine). Donc pendant qu'il montre des signes d'affection envers Pascaline BONGO au grand jour, comme un bon sorcier Mbochi, eh bien, dans l'ombre et très secrètement, il la poignarde dans le dos en militant pour le principal rival du clan BONGO, le général Idriss NGARI.. Voilà qui ne doit pas faire plaisir à Claude GUEANT, à Robert BOURGI et aux réseaux françafricains qui souhaiteraient voir Ali Ben BONGO ONDIMBA assurer la continuité de l'œuvre de son défunt père. Une attitude qui risque de lui coûter très cher, lui qui ne cache pas son ambition de devenir le nouveau parrain africain de

la Françafrique.

    

Pour terminer, il convient de noter que SASSOU qui envisage de glisser le pouvoir à ses enfants et neveux au Congo après sa mort s'oppose aujourd'hui à ce que le clan BONGO puisse conserver le pouvoir au Gabon. Les congolais sauront s’en souvenir le moment venu.

 

Sébastien KEBARA   

L’observateur avisé